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Notre production de déchets a doublé en quarante ans, ce qui engendre d'importants impacts environnementaux (pollutions des sols, de l'air et de l'eau) et sanitaires (les dioxines émises par l'incinération provoquent des cancers et des pathologies respiratoires).
Chaque année en France c'est 31 millions de tonnes (de déchets ménagers) que nous jetons aux ordures, soit l'équivalent de 3.000 Tours Eiffel empilées (si l'on compare le poids) .De plus la gestion des déchets coûte aux collectivités et à leurs contribuables par le biais de la taxe ou
de la redevance d'enlèvement des ordures ménagères2. Ce mode de financement actuel ne répartit pas équitablement les responsabilités. Cette tarification n'est pas proportionnelle à la quantité des déchets produits, mais surtout la responsabilité financière par les producteurs n’est pas effective pour tous les produits. Nous sommes donc loin du principe pollueur-payeur1.
Le problème des déchets recouvre d'autre enjeux et reflète un mode de vie qui n'est pas durable.
1 : C'est le principe selon lequel les frais liés à la dépollution d'une activité doivent être imputés au pollueur. Il a été décliné notamment avec l'instauration d'un marché du carbone (attribution de quotas d'émissions de CO2 par les gouvernements signataires du portocole de Kyoto).
2 : pour des explications sur la différence entre taxe et redance d'enlèvement des ordures ménagères cliquer ici : www.ufc-quechoisir-caen.fr/?/actualites/teom-reom
3 : Retrouver le rapport des Amis de la Terre Europe "Gone to Waste : The Valuable Resources that European Countries Bury and Burn", paru en Octobre 2009, au lien suivant www.foe.co.uk/resource/reports/gone_to_waste.pdf
Pour connaître plus en détail notre position
www.amisdelaterre.org/Position-des-Amis-de-la-Terre-sur,3266.html
Les produits que nous jetons ont nécessité beaucoup de ressources naturelles pour leur fabrication et leur transport (eau, matières premières, énergie ...) et nous savons que ces ressources s'épuisent et que nous devons en réduire l'usage.
Un récent rapport réalisé pour les Amis de la Terre Europe
(www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Embargoed_Overconsumption_report_15Sept2009.pdf) rappelle que le « sac à dos écologique » (les matières premières et l'énergie nécessaires pour fabriquer le produit, le transporter, le vendre, puis le traiter en fin de vue) d'un produit de 7kg est de 60 kg. Un CD a un « sac à dos écologique » d'environ 1,6 kg.
L'enjeu ne concerne donc pas uniquement le produits, mais plus globalement l'usage des ressources naturelles qu'il a engendré pendant sa durée de vie.
Les modes de traitement des déchets ne sont qu’un complément à la nécessaire prévention. Dans ces modes de traitement la valorisation matière et organique doit être privilégiée notamment par le recyclage, la méthanisation1 et le compostage.
En effet la problématique des déchets dépasse largement la question de fin de vie des produits, puisqu'elle s’inscrit nécessairement dans le processus des modes de production et de consommation : le produit commercialisé répond-t-il à un besoin identifié? L’éco-conception2 a-t-elle guidé au choix du produit mis sur le marché ? le produit est-il durable, réparable ? Quels sont les pollutions et nuisances du produit en fin de vie ?
Finalement la problématique des déchets reflète les limites de notre modèle de société actuel.
1 : lorsque les matières organiques privées d'oxygène (dans des enceintes fermées) se décomposent, il se dégage d'elles du méthane, que l'on peut alors
utiliser comme énergie.
2 : c'est intégrer les problématiques environnementales dès la conception des produits ou services.