Une analyse de Hadelin de Beer d'Etopia, le centre d'animation et de recherche en écologie politique, sur l'obsolescence, à découvrir !
http://www.etopia.be/IMG/pdf/20111114_ESC_HDB_Obsolence_programmee.pdf
Décryptage de l'analyse ADEME des déclarations de mises sur le marché, de collecte et de traitement des déchets électriques et électroniques, « Rapport annuel sur la mise en oeuvre de la réglementation sur les déchets électriques et électroniques (DEEE) », septembre 2011, 118 pages.
L'Ademe a récemment publié le cinquième rapport annuel portant sur la filière des équipements électriques et électroniques. Augmentation des ventes, augmentation des taux de recyclage et stagnation du réemploi pour les déchets électriques et électroniques (DEEE) ménagers… la réduction de la consommation de ressource qui se fait attendre !
Augmentation des ventes
Ralenti par la crise économique en 2009, le nombre d'équipements électriques et électroniques mis sur le marché a augmenté en 2010. Après les lampes, ce sont les ventes d'équipements informatiques et de télécommunications qui ont connu la plus forte croissance. En 2010, 641 millions d'équipements ont été mis sur le marché contre 580 millions en 2009. Si la sortie de crise est une raison à cette augmentation, les prétendues innovations technologiques gonflent aussi ces chiffres avec l'augmentation des ventes de smartphones, tablettes ou écrans plats.
Un taux de collecte en très faible progression
Les taux de collecte sont globalement de 25,6% en 2009 et 26,9% en 2010 moins d'un tiers après 5 ans de mise en place de la filière! Or l'objectif global du Grenelle 2 est de 35% pour 2012. Comment progresser de 8% en deux ans quand la progression tourne autour de 1% par an ? Pourtant, l'objectif était loin d'être ambitieux.
Le réemploi reste marginal, à cause de l’obsolescence programmée
La directive-cadre européenne de 2008 relative aux déchets établit une hiérarchie entre les différentes options de gestion des déchets. La prévention des déchets et le réemploi ont été identifiées comme les premières options à privilégier. Or le rapport de l’ADEME met en avant que seuls 3% des tonnages de DEEE collectés auprès des ménages étaient réemployés.
Mais l’obsolescence programmée de type « commercial », via la mise sur le marché de nouveautés technologiques, freine le secteur du réemploi et de la réparation. En effet, avec la baisse des prix des écrans plats, de nombreux ménages se sont équipés et ont délaissé leurs téléviseurs à tube cathodique. Au vu des quantités collectés, seuls les téléviseurs en bon état ont été conservés par les structures du réemploi comme Emmaüs ; tous les autres qui présentaient un dysfonctionnement même facilement réparables ont été traités comme des déchets.
Le recyclage une possibilité mais pas une solution
Le recyclage progresse. 79% des tonnages traités sont recyclés mais 13% des tonnages continuent d'être détruits c'est à dire éliminés sans valorisation (mise en décharge, incinération sans récupération d'énergie). Le recyclage est devenu le principal but des éco-organismes qui n'ont pas d'objectifs contraignants en ce qui concerne la réparation et le réemploi. Or, ce sont la réparation et le réemploi qui permettent de limiter le plus en amont possible la consommation de matières premières et d'énergie. De plus, sans objectif contraignant en ce qui concerne les ventes de produits neufs, le problème des DEEE ne fera que s'aggraver avec en outre la diversification des matériaux utilisés.
Pour plus d'informations sur le problème des nano-matériaux non encore pris en compte dans les filières de recyclage:
http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Rapport_ATF_Les_ecomateriaux_en_France_Mars09.pdf
Pour lire le Rapport annuel sur la mise en oeuvre de la réglementation sur les déchets électriques et électroniques (DEEE)
http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?cid=96&m=3&id=79580&p1=00&p2=05&ref=17597
Paris/Montreuil, le 14 septembre 2010 - Alors que la prévention des déchets
sera au cœur des Assises nationales des déchets les 16 et 17 septembre 2010
(1), Les Amis de la Terre France et le Cniid (Centre national d'information
indépendante sur les déchets) publient aujourd'hui le rapport «
L'obsolescence programmée, symbole de la société du gaspillage. Le cas des
produits électriques et électroniques » (2). Ce rapport montre que les
stratégies mises en place pour réduire la durée de vie des produits
augmentent considérablement le volume des déchets, mais aussi qu'elles
contribuent à l'épuisement des ressources naturelles.
Dans cette étude, rédigée dans le cadre de leurs campagnes respectives «
Prévention des déchets » et « Produits pour la vie », les associations
souhaitent alerter sur les impacts environnementaux et sociaux négatifs
d'une société de consommation fondée sur le renouvellement toujours plus
rapide des produits. A l'aide de recherches bibliographiques et d'interviews
d'universitaires et de journalistes, le rapport dresse ainsi un tableau des
« coulisses » de nos sociétés de surconsommation : épuisement imminent des
ressources naturelles, production massive de déchets et gaspillage de la
matière contenue dans les biens abandonnés en fin de vie.
Comme le souligne Sylvain Angerand, chargé de campagne ressources naturelles
aux Amis de la Terre, « le renouvellement incessant des appareils, notamment
de haute technologie, contribue à l'explosion de la consommation des
ressources naturelles minières et énergétiques. Cette surexploitation
détruit des écosystèmes, déplace des populations, provoque des pollutions
chimiques et engendre des conflits, notamment dans les pays du Sud. ».
L'étude s'intéresse également à l'évolution du marché des équipements
ménagers : en 2007, la quasi-totalité des ménages français disposait d'un
réfrigérateur, d'un téléviseur et d'un lave-linge. Elle explique aussi les
différentes astuces en place aujourd'hui pour rendre un appareil obsolète
afin qu'il soit rapidement remplacé par un nouveau produit : des produits
indémontables, la sophistication croissante des appareils, l'effet de mode,
etc. La durée de vie moyenne des appareils électroménagers courants serait
aujourd'hui en moyenne de 6 à 8/9 ans alors qu'auparavant elle était de 10 à
12 ans.
Pour mieux comprendre les raisons qui poussent les consommateurs à remplacer
les produits tombés en panne au lieu de les réparer, l'étude intègre
également les réponses de distributeurs français à un questionnaire des Amis
de la Terre et du Cniid visant à mesurer les efforts de ces professionnels
pour allonger la durée de vie des produits notamment grâce à l'entretien et
la réparation (3). Les Amis de la Terre et le Cniid regrettent que le
bénéfice environnemental et social de l'allongement de la durée de vie ne
soit pas encore un enjeu prioritaire mis en valeur par les services
après-vente auprès des consommateurs.
« Aujourd'hui, l'urgence n'est plus de devenir un des leaders européens dans
la gestion des déchets d'équipements électriques et électroniques, mais de
les éviter. La France doit évoluer au plus vite vers une référence en
matière de production et de consommation plus soutenables qui passe par des
biens de grande qualité et chaque acteur de la société doit y contribuer à
son niveau » explique Sébastien Lapeyre, directeur du Cniid.
Le dernier chapitre de l'étude formule ainsi des recommandations à
destination des consommateurs et des demandes destinées aux entreprises et
pouvoirs publics.
Notes :
(1) A l'occasion des 11èmes Assises nationales de la Prévention et
Gestion Territoriale des déchets, le rapport sera présenté par Anne
Bringault, directrice des Amis de la Terre France, dans le cadre de
l'atelier 13 « Réemploi et TIC (Technologies de l'Information et de la
Communication) » le 17 septembre à 11h
(2) Le rapport est téléchargeable ici :
<http://www.amisdelaterre.org/Nouveau-rapport-L-obsolescence.html>
http://www.amisdelaterre.org/Nouveau-rapport-L-obsolescence.html et
<http://www.cniid.org/espace_telechargement/actualite/201009_rapport_OP_AdT_
Cniid.pdf>
http://www.cniid.org/espace_telechargement/actualite/201009_rapport_OP_AdT_C
niid.pdf
(3) Le courrier adressé aux distributeurs ainsi que les réponses
intégrales de ces derniers sont disponibles ici : http://www.amisdelaterre.org/Nouveau-rapport-L-obsolescence.html
Les Amis de la Terre organisent une journée d'actions nationale le 25
septembre avec des mobilisations dans plus de 20 villes en France autour de
la problématique de la surconsommation des ressources naturelles et des
alternatives pour des sociétés soutenables.
Contacts :
Caroline Prak, chargée de communication, Les Amis de la Terre France au 06
86 41 53 43.
Sébastien Lapeyre, directeur du Cniid au 01 55 78 28 65.
Montreuil, sous embargo jusqu’au 28 mai 2010 – Alors qu’Apple vient de se classer à la 1e place des entreprises technologiques, doublant en capitalisation boursière Microsoft et IBM, son dernier gadget, l’iPad arrive en France. Tablette numérique à mi-chemin entre téléphone mobile et ordinateur portable, l’iPad, outre une utilité discutable, n'a rien d'inoffensif. Il résume en effet à lui seul l'effroyable gaspillage en cours de matières premières [1], et notamment de « terres rares », un ensemble d’éléments métalliques nécessaires à nombres d’applications informatiques.
La course à la miniaturisation, à l'élaboration de processeurs toujours plus performants, d'écrans toujours plus minces, a entraîné l'industrie des nouvelles technologies dans une dépendance croissante et colossale aux terres rares. Ce groupe d’éléments métalliques est devenu indispensable à la fabrication d'ordinateurs, de téléphones portables, d'écrans plats, et maintenant de l'iPad, qui est un condensé de ces technologies.
Or plus de 95 % de la production mondiale de ces éléments est extraite des mines chinoises, dans des conditions environnementales et sociales désastreuses. En effet, les terres rares ne se présentent jamais à l'état pur ni en gisements très concentrés : elles doivent être séparées d'autres minerais. Une opération lourde d'impacts toxiques comme l'explique Aloys Ligault, chargé de campagne sur la Responsabilité sociale et environnementale aux Amis de la Terre : « Autour des usines chinoises, les déchets radioactifs de roches s'accumulent, les vapeurs de soufre, de fluor imprègnent l'air et les rejets de métaux lourds polluent les rivières. Les populations locales payent un lourd tribut à notre croissance prétendument “verte” et à notre frénésie de nouvelles technologies. »
Une politique responsable consisterait, au grand minimum, à allonger la durée de vie de ces produits et à favoriser le recyclage de leurs composants pour préserver les matières premières, mais c'est exactement l'option inverse qu'a choisi Apple, comme le souligne Annelaure Wittmann, référente sur la campagne déchets des Amis de la Terre : « L’iPad, emblématique de notre société du gaspillage, est programmé pour devenir très rapidement obsolète [2]. La batterie est soudée à l’appareil. Une fois en panne, celui-ci ne sera donc pas réparable. Sa durée de vie sera au final celle de sa batterie, qui pour l'iPhone se révèle être de deux ans. Malgré leur petite taille apparente, ces objets, accumulés, encombreront vite décharges et incinérateurs. »
Le gouvernement français a aussi sa part de responsabilité dans cette fuite en avant. Au lieu de contraindre les industriels à fabriquer des produits robustes et à réduire la demande en minerais rares, il n'aborde ces problèmes que sous l'angle de la sécurisation de l'accès aux ressources face à, notamment, une Chine qui est en train de modifier ses rapports de force avec les pays développés. Pour Claude Bascompte, président des Amis de la Terre, « l'annonce de Jean-Louis Borloo de vouloir créer un pôle minier autour d’Areva est tout simplement scandaleuse et court-termiste. Il faut cesser de surexploiter les ressources naturelles, et réutiliser celles que nous avons déjà retirées du sol. »
Contact presse : Caroline Prak – 06 86 41 53 43 ou 01 48 51 18 96
Notes
[1] Voir le rapport des Amis de la Terre Europe, « Overconsumption », 2009. http://www.foeeurope.org/publications/2009/Overconsumption_Sep09.pdf
[2] Les Amis de la Terre mènent une étude sur le phénomène d’obsolescence programmée des produits électriques et électroniques, publiée courant de l’été.
Le Village Vertical à Villeurbanne est une des premières coopératives d'habitants à voir le jour en France. Une coopérative d'habitants est une « association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire des aspirations et des besoins économiques, sociaux et culturels par le moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement ». Les coopératives d'habitants sont des habitats groupés où l'on partage plus que sa cage d'escalier et ses poubelles.
Ainsi les habitants de Village Vertical ont se sont concertés sur comment ils allaient vivre dans leurs futurs immeubles écologiques et débattre de leur projet de vie.
La mutualisation (des biens) induite par les coopératives d'habitants permet de limiter l' impact sur les ressources et la planète (en jetant moins et en ajustant ses achats à ses besoins). Mais les coopératives sont plus que de la prévention de déchets, ce sont également des embryons de sociétés soutenables.
- La mutualisation de nos consommations de ressources naturelles :
Les habitants vont mutualiser une partie de leurs biens, partageant ainsi les frais d'achat, et bénéficiant de plus de biens pour un service équivalent. Cela nécessite certes un minimum d'organisation (remplir un calendrier) mais cela permet surtout de développer le sens du partage tout en allongeant la durée de vie (et l'usage) de vos produits ainsi que de partager le cout de nos modes de vie sur les ressources naturelles.
Les futurs habitants de Village Vertical sont en train de réfléchir sur les biens qu'ils vont mutualiser (pour l'instant les idées s'orientent vers les outils, les chaises et tables, la médiathèque décentralisée, les équipements pour les vacances), mais également les services (garde d'enfants, échange de service : coups de mains pour le bricolage; jardinage en commun...). Il est également question de créer des espaces communs (comme la buanderie et son lave-linge, ou encore les chambres d'amis, qui pourront également servir de chambres d'hôtes etc.).
- Des espaces de vie soutenables :
Les futurs habitants de l'immeuble écologique ont été impliqués dans le processus de décision pour savoir ce qu'ils voulaient faire de leur habitat : Village Vertical est un véritable embryon de société soutenable :
Ce projet et les coopératives d'habitants se rapprochent des initiatives de démocratie participative de Porto Allegre, notamment sur l'implication des habitants dans la décision sur le budget de la ville, ou encore les expériences de jardins partagés dans les centres urbains (des associations qui mettent à disposition des lopins de terre aux habitants des villes pour les mettre en contact avec la terre dans le cadre d'un projet collectif).
Ces initiatives s'ancrent dans des demandes plus générales de re-localisation, de plus de solidarité, de retisser le lien social, de création d'espaces communs, de démocratie participative...d'une société plus soutenable.
1 : www.habicoop.fr/
Pour en savoir plus sur le projet :
www.village-vertical.org/
http://www.novethic.fr/novethic/planete/environnement/immobilier/le_village_vertical_habiter_ecologique_et_solidaire/123042.jsp
Pour en savoir plus sur le mouvement des coopératives d'habitants en France :
www.habicoop.fr/
Montreuil, le 30 mars 2010 – Le livre électronique (Kindle, IPad) est la
grande nouveauté du Salon du Livre de Paris. Nouveau gadget technologique,
il serait même écologique, puisque sa fabrication ne nécessite pas de bois.
Et n’entraîne donc pas de déforestation ? Erreur, expliquent les Amis de la
Terre.
Pas de papier, mais des minerais rares dont l’extraction détruit aussi des
forêts
Pour en savoir plus :
www.amisdelaterre.org/Le-livre-electronique-mirage.html
1 - Pourquoi cet article ?
Entre 2009 et 2011 les télévisions françaises passent au numérique.
Il ne faut pas céder au battage publicitaire sur les écrans plats puisque se procurer de petits boîtiers suffit à adapter son poste au numérique. Le changement intégral de la télévision peut être évité, avec les conséquences désastreuses sur l'environnement et les populations.
Si jamais sa télévision est en panne et qu'elle n'est pas réparable par son artisan réparateur, il faut veiller à ce qu'elle soit recyclée en :
- la déposant chez Emmaüs (dont les communautés sont points de collecte pour l'éco-organisme responsable du recyclage des DEEE*1)
- la déposant au point de collecte de sa collectivité (déchetterie ou autre etc.)
- la retournant la au distributeur (par les retours magasin, reprises livraison...)
Dans le cas où l'on ne peut se passer de la douce compagnie de son poste de télévision, il vaut mieux investir dans les postes les moins gourmands en énergie et les plus robustes.
2 - Petit rappel : les télévisions sont loin d'être des déchets inoffensifs...
Les télévisions sont composées, en partie, de métaux lourds (plomb, cadmium...) qui impactent sur la santé des personnes qui les fabriquent. Une fois jetées elles deviennent des déchets très toxiques, qui mal traités se retrouvent dans notre environnement et nous empoisonnent (risque de saturnisme, d'effets sur la fécondité) .
3 - Retenir les leçons des expériences anglo - saxonnes :
Les expériences américaine et anglaise ont montré que le passage à la télévision numérique a provoqué un grand renouvellement des télévisions alors que la plupart d'entre elles marchaient encore.
Ainsi au Royaume-Uni le passage à la télévision numérique a entrainé une hausse de 70% de ces déchets, dont la moitié aurait pu être évitée par l'achat d'un simple décodeur.
Le marché des télé français est relativement saturé puisque plus de 95% des foyers français sont déjà équipés. Pour le stimuler les constructeurs usent de l'innovation ou plutôt de l'obsolescence technologique avec la sortie d'écrans toujours plus plats (...).
En 2008 le parc de télévision était constitué au 3/4 de télévision à tubes cathodiques ("les anciens postes"), le passage à la télévision numérique risque d'augmenter le phénomène de renouvellement des télévisions et de rendre obsolètes les télévisions à tube cathodique.
Selon le SIMAVELEC*2 (syndicat des industries de matériels audiovisuels électroniques), en 2013, 6 millions de postes seront à recycler. Ils tablent sur un recyclage effectif à cette période de 70%, soit 54 000 tonnes de télévisions qui se retrouveraient dans la nature.
Le passage au numérique devrait provoquer l'achat de 750 000 téléviseurs rien que sur 2010.*3
4 - Les télé et les "e-déchets" croissent mais pas leur recyclage :
Les "e-déchets", dont font partie les télévisions, sont les déchets de demain. Selon l'ONU 20 - 50 millions de tonnes de e-déchets sont produits chaque année, soit plus de 5% des déchets municipaux solides. Chiffre qui risque de s'accroître par l'équipement progressif des pays émergents comme la Chine et l'Inde.
Ces déchets sont composés de matière toxiques et dangereuses et ont nécessité pour leur fabrication l'extraction de ressources naturelles,pour la plupart, non renouvelables.
L'Europe a pris la mesure du problème avec la directive relative aux DEEE qui fixe des objectifs en matière de recyclage et régule leurs transfert. Des objectifs européens ambitieux sont nécessaires puisque moins de 50% des déchets sont recyclés et beaucoup continuent à alimenter illégalement les économies informelles des pays du sud (qui alors les manipulent dans de mauvaises conditions) ou encombrent nos décharges et parfois directement les rivières.*4
5 - Ce qu'il faut en retenir :
Si l'on jette son poste, une fois sur deux il ne sera pas recyclé et polluera si ce n'est son environnement celui des populations du sud. La fabrication d'un nouveau poste nécessitera de nouvelles ressources, de l'énergie et des produits toxiques qui vont s'accumuler.
L'argument consistant à se déculpabiliser en invoquant que l'achat d'un nouveau poste est "écologique" parce que les écrans plats sont moins énergivores que les tubes cathodiques, est un faux argument car bien souvent ces LCD ou ces écrans plats ont également une durée de vie plus réduite (ne sont pas forcément conçus pour être réparés) et que de nouvelles matières premières pas forcément renouvelables auront été puisées pour leur fabrication (etc.).
Donc pour réduire son impact, être responsable et ne pas céder à la pression marketing, il vaut donc mieux allonger la phase utilisation de nos télé : garder son vieux poste et attendre qu'il meurt d'accord, mais de mort " naturelle ".
*1 : déchets d'équipements électriques et électroniques
*2 : propos recueillis pour un article du nouvel observateur de 2008 : teleobs.nouvelobs.com/rubriques/tendances/articles/teles-recyclees?page=1
*3 : chiffres extraits du Monde pour Directematinplus, du mardi 13 avril n° 657, " La télé fait sa révolution ".
*4 : Données extraites d'un rapport de l'ONU de 2009 "Recycling - From E-waste To Resources ": www.unep.org/PDF/PressReleases/E-Waste_publication_screen_FINALVERSION-sml.pdf
Pour se renseigner sur les modalités du passage à la télévision numérique :
www.tousaunumerique.fr/
Pouvons nous imiter les lois de la nature dans nos sociétés, dans nos économies et fonctionner tel un écosystème, c'est-à-dire en circuit fermé, équilibré dans lequel les déchets n'existent pas (tout est réutilisé) et la seule source d'énergie est solaire?
Un tel monde est utopique à l'heure actuelle, toutefois nous pouvons essayer d'atteindre cet équilibre.
L'épuisement des ressources naturelles et ses impacts nous poussent à nous interroger sur les alternatives qui s'offrent à nous pour continuer à bien vivre tout en réduisant notre consommation. N'avons nous pas déjà assez puisé dans les ressources pour être "auto-suffisant" et alimenter nos sociétés avec le même stock de "ressources naturelles" pendant moult générations?
L'économie "circulaire" (par opposition à l'actuel "linéaire" dans lequel les ressources s'épuisent et les déchets s'accumulent) y répond en partie et lance le défi aux acteurs économiques (essentiellement aux industriels) d'imiter le fonctionnement des écosystèmes naturels. L'objectif de cette économie est de boucler les cycles de ressources (matérielles et énergétiques). Autrement dit nos processus de production ne doivent plus produire de déchets (de matière comme de flux) mais des sous-produits réutilisés dans d'autres processus de production.
Est-ce que ces principes sont généralisables au fonctionnement de nos sociétés?
Dans "La nuit des Temps" de Barjavel, le monde "englouti" fonctionnait en circuit fermé, c'est à dire qu'il n'y avait aucune perte d'énergie et de matière, par exemple la décomposition des corps servait à nourrir les besoins énergétiques de cette société. Barjavel décrit ainsi un monde qui avait trouvé un équilibre parfait.
Pas si éloignées de ce monde idéal, des initiatives émergent un peu partout dans le monde, attestant de la faisabilité de l'économie circulaire.
Dans une zone industrielle de la ville danoise Kalundborg, une centrale thermique alimente en vapeur d'eau des usines à proximité et les déchets de levure d'une usine servent de fertilisants pour les cultures des fermes locales. Dans de tels systèmes les déchets d'une usine deviennent les ressources d'une autre, ce qui évite la transformation d'un produit en déchets et évite ainsi la consommation d'énergie et de matières premières. Ce genre d'expérience montre les vertus de la mutualisation (les entreprises mettent en commun leur effort sur l'efficacité énergétique) et confirme le vieil adage "l'union fait la force".
A Stokholm, la chaleur dégagée par les voyageurs de la gare centrale est récupérée et sert à alimenter les besoins en chauffage de bureaux situés à proximité du site.
A Levallois, la chaleur des eaux usées1 sera récupérée pour chauffer l'eau de bassin aquatique.
Ces innovations montrent notre capacité à innover vers un fonctionnement en circuit fermé (sans perte d'énergie ni de matière).
Nous avons donc la capacité physique (nous avons extrait suffisamment de ressource naturelle) et mentale (créativité etc.) pour inventer ce monde équilibré et respectueux. Un monde dans lequel nous ne détériorons plus la montagne et n'empoisonnons plus les populations pour extraire du charbon mais dans lequel nous mettons notre créativité et notre capacité d'innovation au service de la recherche d'une harmonie entre l'environnement et les activités humaines.
1 : l'eau que l'on rejette dans les égouts est chargée de calories dont il se dégage de la chaleur. Ainsi ces eaux usées sont à une température à peu près constante, été comme hiver, avoisinant les 13°C.
En savoir plus sur le biomimétisme ("quand la nature inspire la durabilité" ) : www.biomimicry.eu
En savoir plus sur l'expérience de Kalundborg : www.ecoparc.com/ecologie-industrielle/kalundborg.php
La récupération informelle est menée par des "éboueurs informels" ("Waste Pickers") qui récupèrent " à mains nues" des produits abandonnés dans les déchetteries ou sur la voix publique. Ces "chiffonniers des temps modernes" revendent ensuite leurs trouvailles à des entrepôts spécialisés (qui à leur tour les revendent à des usines de recyclage).
C'est une pratique répandue dans les Pays du Sud où le recyclage et la collecte des déchets ne sont pas forcément bien rodés.
Cette pratique permet d’effectuer 30% du recyclage à Istanbul. Et à Rabat-Salé, au Maroc, les récupérateurs, grossistes et broyeurs récupèrent et recyclent 10% des déchets ménagers de la localité. Ainsi ils récupèrent et revendent le pain, les tissus, les bouteilles d'huile plastique, les restes de repas pour le compost, le verre, les papiers et cartons, le caoutchouc et l'aluminium.
Toutefois ce système comporte quelques limites.
Tout d'abord c'est la pauvreté qui pousse ces personnes à faire les poubelles qui n'ont alors pas les moyens de se protéger face aux risques sanitaires (gants pour éviter les coupures et infections).
Cette récupération est informelle; ce n'est pas un travail reconnu, il n'y donc aucune garantie sociale.
De plus ils sont souvent marginalisés par la municipalité ( qui par exemple leur confisque leur chariot) qui les traite comme des parias.
Les avantages de ce système :
Ce système d’économie informelle est d’abord le développement d’une économie de survie et permet donc de pallier aux défaillances d'États qui ne savent fournir le minimum aux plus démunis. La Banque Mondiale estime qu'au moins 1% de la population urbaine dans les Pays en Développement gagne sa vie par ce biais là.
La récupération informelle permet aussi de réduire le nombre des déchets et leurs impacts sur l'environnement tout en permettant aux services municipaux de faire des économies.
Un dilemme se pose : pouvons-nous encourager un système bénéfique pour l'environnement mais un peu plus risqué pour l'être humain?
La récupération informelle est une forme de tri et contribue à diminuer la quantité de déchets et leur toxicité sur l'environnement. Toutefois elle doit être encadrée pour contrer les dérives sociales et sanitaires.
Cet "encadrement" peut prendre la forme d'aide à la création de micro entreprise de traitement des déchets. Comme au Pérou où los recicladores (les recycleurs) sont incités par « Ciudad saludable »(un projet de social qui œuvre pour une « ville saine ») à créer leur micro-entreprise de traitement des déchets. Ainsi l’accès au crédit leur est facilité, ils bénéficient d’une formation, peuvent acquérir un tricycle de collecte…Ce dispositif en les professionnalisant leur permet d’officialiser voir d'institutionnaliser leur rôle dans le processus de recyclage. Ainsi au Pérou plus de 4 000 familles ont rejoint cette initiative et en 2009 le gouvernement péruvien a adopté une loi en faveur des recycleurs.
Plutôt que de « faire la chasse » à ces récupérateurs qui comblent l'absence de systèmes de tri et de collecte efficaces, il faut améliorer l’efficacité du système informel en encadrant l'existant.
Il est nécessaire de reconnaître le rôle de la récupération informelle dans les pays en développement; d'entreprendre "le virage vert" directement et éviter d'investir dans des options néfastes aussi bien pour l'homme (perte d'emplois) que pour l'environnement (pollutions) que sont l'incinération et le stockage.
La récupération informelle n'est pas propre aux pays du Sud. Dans les pays riches elle se manifeste par la récupération des encombrants par les particuliers ou encore par l’instauration de zone de gratuité (dans laquelle il est possible de récupérer gratuitement des biens). Ce genre d’initiatives sont à encourager car elles permettent de ralentir la consommation de ressources naturelles (par le ralentissement de la fabrication de biens) et sont souvent bien plus qu'un simple échange matériel. Elles sont également des espaces de solidarité et génèrent des liens sociaux.
Les constats
1- A l'échelle européenne un réseau s'est constitué pour défendre la raison d'être des professionnels des déchets auprès des instances européennes, cette démarche est elle compatible avec une gestion préventive des déchets efficace ?
Ainsi la FEAD (Fédération Européenne des Activités de la Dé-pollution et de l'environnement), n'évoque même pas dans ses objectifs de diminuer les déchets mais d'améliorer leur traitement. Elle ne conçoit pas de résoudre le problème à sa source car son activité est dépendante des tonnage de déchets traités. Ainsi elle valorise l'intérêt environnemental du recyclage, du compostage et de tous les bienfaits que l'on peut en retirer mais elle omet d'évoquer l'enjeu d’une réduction à la source des déchets. Ce qui objectivement serait bien plus efficace car «mieux vaut prévenir que guérir».
2- Une directive (européenne) a déréglementé les formats d'emballages en 2007. Elle a pour but, officiellement, de favoriser la libre circulation dans le marché intérieur, en supprimant les obstacles potentiels à la compétitivité et en faisant en sorte que l'industrie s'adapte mieux aux besoins des consommateurs. Les alibis invoqués par l'industrie pour défendre et justifier l’intérêt des emballages sont l'hygiène et la santé. Mais cette décision n'incite pas les entreprises à faire des efforts pour réduire les emballages mais plutôt à multiplier les formats individuels qui décuplent la quantité des déchets.
3 -Eco-emballage promeut le recyclage mais pas la diminution de la quantité des emballages : ainsi sur son site l'organisme évoque le tri, fait la promotion d'emballages biodégradables mais n'évoque même pas les enjeux d'une gestion préventive des ordures.
Le contexte
L'Eurostaf a publié une étude dans laquelle elle explique que le marché européen des déchets bénéficie d'un contexte très favorable. Selon elle nous assistons en Europe à une augmentation régulière du volume des déchets et le durcissement de la réglementation garantit la croissance du marché en valeur grâce aux obligations de traitement.
En France dans un contexte de crise économique le marché des déchets semble, lui, fleurir. Le marché des déchets est un des secteurs les plus dynamique et augmente plus rapidement que l'ensemble du marché. En 2005 la situation économique globale a été largement plus défavorable qu'en 2004 alors que les entreprises collectant et traitant les déchets non dangereux ont vu leur chiffre d'affaire augmenter de 4,1% . Plus particulièrement on assiste à un boom du marché des investissements : c'est à dire d'entreprises qui vendent des matériels de collecte, installations de collecte (déchetteries) et des installations de traitement. Entre 2005 et 2007 le chiffre d'affaire de la collecte sélective a augmenté de 11%. Ces chiffres confirment le développement de ce marché des déchets.
De plus la France a fait le choix de l'incinération, présenté à l'époque comme la solution optimale pour faire disparaître les déchets. La logique de rentabilité (alimenter les fours d'incinération avec une quantité de déchets constante pour amortir ces investissements conséquents) prime au détriment de notre santé et nuit à la généralisation du recyclage et de la méthanisation.
Ce que l'on peut en déduire
Les enjeux des entreprises et organismes du domaine doivent être dépassés au profit de l’intérêt général.
Comment sortir de cette logique infernale? Comment concilier intérêts économiques, sociaux et respect de l'environnement?
La réponse s'oriente vers la nécessaire sortie d’une logique de surproduction afin d’opter pour un modèle basé sur une logique d’usage et de service. (voir l'article «Allonger la durée de vie des produits freine-t-il la croissance économique?»).
Rappel sur les grands principes issus du Grenelle en matière de gestion préventive des déchets
Le grenelle de l'environnement devait lancer de grandes réformes pour lutter contre la surproduction de déchets.
Ainsi il proposait des actions pour réduire la production des déchets ménagers et assimilés par :
- la mise en place d'«une tarification incitative et équitable pour le financement du service public des déchets» afin de proportionner le coût à la quantité de déchets produite.
- le développement de «la responsabilité élargie des producteurs dans la gestion de la fin de vie des produits» afin d'inciter les entreprises qui mettent des produits sur le marché à diminuer les déchets (en quantité et toxicité).
-la mise en place incitative de plans de prévention par les collectivités territoriales
-pénaliser «les produits fortement générateurs de déchets» mis sur le marché en instaurant une TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) sur les produits jetables.
Qu'est ce qui a été mis en place?
-L'augmentation de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) pour l’enfouissement des déchets et à sa création pour l’incinération: cette taxe devait inciter les collectivités à réduire leurs déchets, les financements perçus devant servir à mener des actions de terrain pour inciter les citoyens à diminuer le volume de leur poubelles. Qu'en est il en réalité? Cette disposition et a été modulée . Ainsi cette taxe n'est plus vraiment incitative pour les collectivités.
-La taxe pénalisant les produits fortement générateurs de déchets a été caricaturée en taxe pique nique et finalement cette disposition a été rejetée. Il prévoit également d'élargir la responsabilité élargie des producteurs (REP) mais seulement aux déchets de soins à risques infectieux et les déchets chimiques des ménages et les déchets d'ameublement.
Malgré le fait que les collectivités territoriales auraient tout intérêt à diminuer cette part importante de leur budget, des mesures concrètes et ambitieuses peinent à voir le jour en raison.
Ce manque de volonté politique serait il dû au lobbying des « industriels des déchets »?
(Pour en savoir plus aller sur l'article, de la même rubrique "actualités" : «Derrière le blocage de la résolution du problème des déchets se cache un véritable «business»)
Nous consommons actuellement 50% de ressources de plus qu'il y a trente ans. Cette surconsommation des ressources engendre des impacts environnementaux et sociaux : émissions de GES, disparitions d'espèces, déforestation (avec ses conséquences)... en résumé la planète ne peut supporter cet appétit vorace des hommes vis à vis des ressources naturelles.
Cette surconsommation est inégale et entraîne des inégalités : en effet un européen consomme 36kg de ressources par jour, un américain 90kg alors qu'un africain n'en consomme que 10kg. De plus les pays du sud riches en ressources naturelles ne bénéficient en retour que des effets néfastes (c'est l'exemple du Niger; un des pays les plus pauvres du monde mais riche en pétrole qui souffre des impacts sanitaires de l'extraction pétrolière.)
Il est également important de garder à l'esprit que pour fabriquer un produit ou un service d'autres ressources sont également consommées, qui ne se retrouvent pas dans le produit final (l'exemple de l'énergie utilisée pour extraire le produit, le transporter etc.) : c'est la notion de «sac à dos écologique». En effet le poids du sac à dos écologique d'un produit qui pèse 7 kg serait en réalité de 60kg et seuls 7% de la matière qui a servi à fabriquer un bien se retrouve dans le produit final.
Malgré une optimisation de plus en plus poussée de l'utilisation des ressources dans la fabrication des produits (on consomme de moins en moins de ressources pour fabriquer un produit; c'est l'exemple des portables qui en 1983 pesaient 1kg et qui aujourd'hui pèsent 200g), il n'empêche nous consommons de plus en plus de ressources.
Cet épuisement des ressources est dû à notre mode de consommation et à la durée de vie réduite des produits.
Cette soif de la consommation nous rend elle heureux: est-ce que le confort matériel comble nos vies? Quelle place pour la solidarité, le réconfort humain, le lien social dans nos sociétés?
Cet article n'a pas pour but de vous guider vers le "chemin du bonheur" mais de soulever des questions de fond, de casser les à priori selon lesquels un mode de vie soutenable serait utopiste économiquement et entraînerait un retour à l'âge de pierre.
Est-ce qu'allonger de la durée de vie des produits freinerait la croissance économique ? La durabilité serait elle contraire à la création de richesses? Devons nous faire un choix entre « progrès » et sauvegarde de la planète?
Certains «intégristes de la science» rétorqueront que la question ne se pose même pas puisque le scientifique peut remplacer le rôle régulateur de la nature.
Ainsi l'homme pourrait résoudre ou réduire le risque de changement climatique en enterrant le CO2 dans les aquifères profonds pour faire redescendre la température sur terre.
Le problème de surcharge des décharges? en enterrant ou en envoyant ailleurs (sur la lune !).
Les problèmes du traitement des déchets nucléaires? En les enfouissant.
La déforestation en Amazonie? en replantant.
La disparation du pétrole? En Accélérant le processus de sédimentation des matières organiques.
Et si jamais tout cela ne marche pas : nous pourrons toujours aller habiter sur mars.
Toutes ces solutions ont une même faille : une logique court-termiste, elles ne font que repousser les problèmes aux générations futures mais ne règlent rien.
De plus l'accumulation de richesse (un PIB élevé) ne rime pas forcément avec bonne qualité de vie (selon les critères de développement humain comme l'espérance de vie, les inégaliés, une cohésion sociale forte, la démocratie forte...). A partir d'un certain seuil (entre 10 000 et 20 000 dollars de PIB par habitant en 2004), il n'y a plus de corrélation entre "qualité de vie" et abondance matérielle. C'est à dire qu'un certain minimum de richesse est nécessaire pour assurer les besoins vitaux mais ensuite la recherche du toujous plus ne nous comble pas forcément voir nous mine. Notre mauvaise alimentation, les pollutions de toutes sortes tendent à influer négativement sur notre santé et à faire tomber nos systèmes de sécurité sociale dans une course contre la montre pour guérir nos sociétés pathogènes.1
Il faut repenser notre modèle économique et notamment arrêter de lier richesse et qualité de vie avec production et possession abondante de biens, ce modèle ne peut plus durer. Des alternatives sont possibles.
L'économie de fonctionnalité ou comment développer un modèle économique basé sur le service plutôt que sur la surproduction est une alternative viable.
Une société dans laquelle la durée de vie des produits serait rallongée entraînerait certes une baisse de la production mais engendrerait le développement d'une logique d’usage et de services (de réparation, de service après vente) et générerait un meilleur équilibre entre modernité et respect de l'environnement.
Cela créerait donc des emplois et la proximité induite dans la logique de service amoindrirait les menaces de délocalisation basées sur le moins disant social.
Cela pousserait les entreprises à l'innovation en développant des produits éco-conçus2 tout en restant performantes. De plus dans un contexte d'augmentation du prix des matières premières ces options stratégiques n’en seraient que plus renforcées.
Certaines entreprises ont opté pour cette solution en louant leurs services (photocopieurs, imprimante etc.) et en assurant la résolution des problèmes d'ordres techniques. Ainsi ces entreprises concilient intérêt économique et respect de l'environnement tout en étant pérenne.
Lien vers: Le rapport 2009 des Amis de la terre sur la surconsommation et notre usage des ressources naturelles mondiales: www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Embargoed_Overconsumption_report_15Sept2009.pdf
1 : Propos s'appuyant des idées sur la prospérité sans la croissance, développées par Jean Gadrey : alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2009/05/20/la-prosperite-sans-la-croissance-vivre-mieux-avec-moins-ou-avec-plus/
2 : l'éco-concetion c'est le défi lancé aux entreprises de concevoir des produits et services peu impactants sur l'environnement et dont la durée de vie est un des aspects.
Les biens de consommation ont une durée de vie de plus en plus courte proche des durées de garantie des produits. Cette étrange coïncidence n'est elle pas en lien avec la logique de surconsommation du marché? Cette obsolescence programmée des produits est le reflet d'une société de surconsommation qui passe par une diminution de la durée de vie des produits.
Les fabricants rétorquent que cette diminution de la durée de vie de leur produit n'est pas volontaire mais qu'elle serait plutôt due à l'augmentation de la fréquence d'utilisation.
Toutefois le fait que des machines à laver et des chauffe-eaux non démontables aient été mis sur le marché ajouté aux difficultés pour se procurer des pièces de rechange laissent perplexe quant à la réelle volonté des fabricants de concevoir des produits solides et réparables. Ces constats attestent davantage de la persistance de bon nombre d'entreprises à opter pour une logique de surproduction aux dépens des menaces qui pèsent sur nos ressources naturelles.