Actualités

17 décembre : Opération foyers témoins pour consommer autrement, les résultats !

11 foyers, en famille ou en solo, actif ou retraité, en ville ou à la campagne, ont relevé le défi et les résultats sont là ! Plus de 800 kg de biens ont repris vie dans le cadre de cette opération et autant de déchets ont été évités.

Venez échanger avec les participants à cette opération et découvrir de nouvelles idées pour consommer autrement.

Mercredi 17 décembre 2014, à partir de 17 h à l'Assemblée nationale  (Inscription gratuite mais obligatoire Ici)

27 septembre : Rendez-vous à la Zone des Utopies Concrètes

Dans le cadre du Festival des Utopies Concrètes (FUC), du samedi 27 au dimanche 28 septembre, les Amis de la Terre seront présents pour faire connaître les alternatives, comme la réparation. Il y aura de nombreuses animations, n'hésitez pas à venir nombreux!

Pour en savoir plus, découvrez le site du Festival des Utopies Concrètes

22 juin : Salon Emmaüs

La 15ème édition du Salon Emmaüs se tiendra le dimanche 22 juin à Paris, porte de Versailles. Toutes les infos

5 avril : Faites de la récup

Faites de la Récup 

Cet événement est organisé par la Maison du Canal

Jusqu'en septembre : Suivez les foyers témoins

Pour suivre les découvertes ou connaitre les difficultés rencontrées par les participants de l'opération Foyers témoins  pour promouvoir la réparation et l’allongement de la durée de vie des biens de consommation.

Reportez-vous à la rubrique "opération foyers témoins", onglet "témoignages".

 

Etude des Amis de la Terre sur la réparation : Les ressources s'épuisent, nos réparateurs aussi !

L’exploitation des ressources naturelles a augmenté de 50% dans le monde depuis 30 ans. Un seuil a été atteint en 1987, date depuis laquelle notre consommation s’élève à un niveau tel que les capacités de renouvellement des ressources sont compromises, dans le même temps notre production de déchets a explosé. Nous jetons plus de 594 kg de déchets par an et par habitant. Pour réduire notre empreinte écologique, l’allongement de la durée de vie de nos produits est une priorité.

Cependant, alors que la prévention des déchets appelle à une dynamique positive pour inciter les consommateurs à allonger la durée de vie de ses produits et de ne pas céder aux appels des stratégies marketing des entreprises, le secteur de la réparation un des piliers de l'allongement de la durée de vie des produits souffre d'une baisse régulière d’activité et d’un déficit d'image.

Le secteur de la réparation est-il entré dans un cercle vicieux tel que le geste de la réparation est amené à se perdre ou des dynamiques nouvelles tendent-elles à donner un second souffle ? En réaction aux difficultés que traversent le secteur de la réparation, des initiatives pour redonner le réflexe de la réparation aux citoyens consommateurs voient le jour : des labels se créent, des annuaires locaux de la réparation sont réalisés et des journées de la réparation s’organisent.

Mis à mal par l'arrivée méssive de produits bon marché, de piètre qualité et difficilement réparable, le secteur de la réparation doit aujourd'hui être soutenu. Les Amis de la Terre appellent les pouvoirs publics à à interdire la commercialisation de produits indémontables ou irréparables, rendre obligatoire la mise à disposition des pièces détachées pendant 10 ans, à soutenir la formation des réparateurs, et à lever les contraintes juridiques à la réutilisation des pièces détachées d'occasion.

Lire le rapport "Les ressources s'puisent, nos réparateurs aussi !"

 

 

Un site pour lutter contre l'obsolescence programmée

Un article de zegreenweb

Il y a une semaine, nous vous informions du dépôt d’un projet de loi par le sénateur EELV Jean-Vincent Placé visant à lutter contre l’obsolescence programmée. Nous avons trouvé un site qui, en mettant en avant des objets durables, contribue à sa manière à ce combat.

Le sujet est d’actualité et fait beaucoup parler depuis maintenant plusieurs années. Il semble avéré aujourd’hui que les industriels « programment » leurs appareils pour que ceux-ci tombent en panne une fois la période de garantie terminée et poussent ainsi les consommateurs à acheter du matériel neuf. Le site internet www.garantie5ans.com recense les objets bénéficiant d’une longue garantie constructeur, et donc susceptibles d’être plus longtemps en état de fonctionner que les produits concurrents.

Il est agaçant d’acheter un grille-pain et que celui-ci tombe en panne juste après la fin de la garantie d’un ou deux ans. Les plus bricoleurs pourront le réparer eux-mêmes, ou bénéficier de l’aide d’une communauté de bricoleurs, dont le nombre ne cesse de prospérer. Sinon, ils n’auront plus qu’à en racheter un neuf. Chez zegreenweb nous pensons qu’il vaut mieux acheter un produit durable du premier coup, quitte à le payer un peu plus cher.

Le site www.garantie5ans.com recense toutes sortes de produits (informatique, loisirs, électroménager, etc.) ayant une garantie constructeur,et non une extension de garantie accordée par un distributeur, supérieure à cinq ans. Et nous permet donc de consommer de manière plus durable. Alors, quand vous changerez de lave-linge, faites-y un tour!

Obsolescence programmée: après les débats, une loi?

Montreuil, le 23 avril 2013 - Alors que le projet de loi Consommation de Benoît Hamon est attendu dans les semaines à venir, la proposition de loi de Jean-Vincent Placé est débattue aujourd’hui au Sénat. Benoît Hamon et le gouvernement entendront-ils les propositions pour lutter contre l’obsolescence programmée, et protéger le consommateur et l’environnement et non les intérêts économiques de quelques industriels ? Tour d’horizon des mesures soutenues par les Amis de la Terre [1].

Les Amis de la Terre ont souvent dénoncé l’impact écologique du renouvellement trop rapide de nos biens de consommation (extraction minière, déchets, gaspillages d’énergie…).
Aujourd’hui l’association demande l’adoption de 3 mesures phares [1] :
1. la création d’un délit et de sanctions contre l’obsolescence programmée ;
2. l’extension de la garantie de tous les biens de consommation à 10 ans ;
3. le soutien au secteur de la réparation.

Alors que des cas avérés d’obsolescence programmée sont de plus en plus médiatisés, peu de producteurs sont condamnés en France. Pourtant, dans le cas de l’obsolescence technique, qui est le fait de développer puis de commercialiser un produit en déterminant, à l’avance, le moment de sa péremption, le consommateur ne retire aucun bénéfice de l’obsolescence de son produit. Pire, son pouvoir d’achat diminue.

Les 2 ans de garantie actuels laissent la possibilité à certains industriels de mettre sur le marché des produits avec une durée de vie limitée, c’est le cas de l’imprimante Epson qui cessait de fonctionner au bout de 18 000 copies, de l’iPod d’Apple dont la durée de vie était limitée à celle de sa batterie ou encore des fabricants de smartphones qui empêchent la mise à jour des systèmes d’exploitation au bout de quelques années.

Le temps où un équipement électroménager fonctionnait pendant 20 ans semble révolu. Plus performants, nos produits sont aussi plus fragiles et leur non-réparabilité est de plus en plus la norme : produits indémontables, pièces détachées indisponibles, etc. La réparation devient un non sens économique : il est souvent plus cher de faire réparer que d’acheter un produit neuf.

Camille Lecomte, chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables : « Allonger la durée de vie des produits revient finalement à sortir de ce cercle vicieux pour aller vers un modèle plus vertueux. L’allongement de la durée de vie des produits représente un vivier d’emplois plus important que celui du jetable. Pourtant, les industriels n’ont aujourd’hui aucune obligation de mettre sur le marché les pièces détachées nécessaires à la réparation des produits tombés en panne. »

Les Amis de la Terre appellent le Ministre Benoît Hamon et les Sénateurs à donner un signal fort au gouvernement pour prendre des mesures afin de réduire notre impact écologique, et de soutenir le pouvoir d’achat en contraignant les producteurs à mettre sur le marché des produits garantis 10 ans et à rendre disponibles les pièces détachées à un coût acceptable.

Pour en savoir plus :
[1] Les 3 mesures phares des Amis de la Terre pour lutter contre l’obsolescence programmée et allonger la durée de vie des biens de consommations

Lire les rapports des Amis de la Terre : L’obsolescence programmée, symbole de la société du gaspillage http://www.amisdelaterre.org/L-obso... Obsolescence des produits high-tech : comment les marques limitent la durée de vie de nos biens http://www.amisdelaterre.org/nouvea... Voir le site www.dessousdelahightech.org

Un logo pour identifier les structures qui contribuent à l'allongement de la durée de vie de nos produits

 

 

En octobre dernier, les Amis de la Terre lançaient un annuaire de la seconde vie des produits pour aider les Parisiens à trouver les adresses pour emprunter, faire réparer, donner, acheter et vendre d’occasion.

Mais comment faire le lien entre toutes ces activités : la brocante, l’association qui reçoit des dons de vêtements et le réparateur de téléphones portables ? Pour mieux identifier toutes ces structures qui participent à l’allongement de la durée de vie des produits, les Amis de la Terre ont créé un logo et l’ont édité.

Depuis plusieurs semaines, les bénévoles des Amis de la Terre arpentent les rues pour distribuer aux structures répertoriées ces autocollants, si vous souhaitez les aider ou développer cette initiative chez vous, contactez-nous !

 

Une journée pour donner une seconde vie à ses objets

Paris, le 6 avril 2013- Vite achetés et vite jetés tel est le sort de nos objets… Pour donner une seconde vie à nos objets, les Amis de la Terre et leurs partenaires vous invitent le samedi 6 avril à la fête de quartier du Pari’s des Faubourgs [1] pour découvrir une autre façon de consommer, et de soutenir une économie utile socialement, qui préserve les emplois et l’environnement.

A l’occasion de la semaine du développement durable, les Amis de la Terre, la débrouille compagnie, la Maison du Canal et Amélior proposeront des ateliers pour apprendre à réparer et à réutiliser ses objets, un troc dating ou simplement des stands pour s’informer sur d’autres modes de consommation, moins producteurs de déchets et plus solidaires.

Parmi les associations présentes, La débrouille compagnie animera un atelier Récup'créative, La Maison du canal présentera son défilé de Récup’couture et proposera des animations autour de la prévention des déchets. Des réparateurs seront aussi présents pour vous aider à identifier l’origine d’une panne ou encore à réparer vos produits.

En octobre dernier, les Amis de la Terre lançaient un annuaire de la seconde vie des produits [2] pour aider les Parisiens à trouver les adresses pour emprunter, faire réparer, donner, acheter et vendre d’occasion. Cette nouvelle action vise à montrer concrètement comment on peut donner une seconde vie à ses objets.

Camille Lecomte, chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables : « Cet événement se veut festif et ludique, mais aussi pédagogique. Donner une seconde vie à ses produits est un geste écologique et solidaire. Ecologique, car en allongeant la durée de vie de nos biens, nous réduisons notre production de déchets et notre consommation de ressources. Solidaire, car la collecte ou la réparation d’objets crée de l’emploi local ».

Les Amis de Terre appellent le gouvernement à donner un signal fort aux industriels pour concevoir et mettre sur le marché des produits à nouveau « conçus pour durer » et à  prendre des mesures pour favoriser le secteur du réemploi et de la réparation, notamment en contraignant les producteurs à mettre sur le marché des produits réparables et à rendre disponibles les pièces détachées à un coût acceptable.

Infos pratiques :
Le samedi 6 avril de 13h30 à 17h00
au Pari’s des Faubourgs Centre social et culturel, 12 rue Léon Schwartzenberg 75010 Paris, M° Gare de l'Est (lignes 4, 5,7), plan d’accès.
Avec La débrouille compagnie, La Maison du Canal, Amélior, des réparateurs… Et vous !

Contact presse Caroline Prak - 01 48 51 18 96 / 06 86 41 53 43 caroline.prak@amisdelaterre.org


NOTES :

[1] Le Pari’s des Faubourgs Centre social et culturel, 12 rue Léon Schwartzenberg 75010 Paris, M° Gare de l'Est (lignes 4, 5,7).
http://www.lepfb.net/

[2] Pour découvrir l’annuaire de la seconde vie des produits : www.produitspourlavie.org Vous souhaitez vous aussi vous impliquer : Reemploi75@amisdelaterre.org

Bravo aux lauréats de notre appel à projet ! Agissons pour un monde soutenable

12 mars 2013, Plus d’une cinquantaine de projets ont été reçus et étudiés suite à l’appel à projet « Agir pour un monde soutenable » lancé en novembre 2012. Encore merci à tous d’avoir participé à cet appel.

A travers un soutien financier, allant de 3 000 à 5 000 euros, les Amis de la Terre souhaitaient donner un coup de pouce à des initiatives locales proposant des alternatives à la surconsommation et au gaspillage en France tout en sensibilisant les citoyens au pillage des ressources dans les pays du Sud.

Et les trois projets retenus sont ...

SNALIS à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique)

L’association SNALIS récolte des ordinateurs, les reconditionne avec des logiciels libres et en fait dons à ses adhérents lors d’ateliers : publics précaires, associations, personnes sensibilisées à l’environnement, etc. SNALIS prône la réutilisation avant le recyclage, en limitant les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) et lutte contre l’exclusion en favorisant l’accès aux technologies.

Les Amis de la Terre ont décidé d’apporter un soutien financier à SNALIS pour la rédaction et la mise à disposition des utilisateurs, de fiches sur les différents métaux que l’on trouve dans un ordinateur et sensibiliser ainsi sur l’impact de leur extraction dans les pays du Sud.

Lire l'article complet

Pour plus d’informations:

www.snalis.org

 

 

Appel à projet : Agir pour un monde soutenable

Novembre 2012, Changements climatiques, épuisement des ressources, pollutions, surproductions de déchets, accroissement des inégalités, etc. Nos modes de production et de consommation menacent l'équilibre de la planète.

La convergence des crises écologique et sociales appelle à la nécessité d'engager une transition vers des sociétés soutenables. Pour que cette transition soit socialement juste, elle implique de réduire la consommation des plus riches afin que chacun puisse répondre à ses besoins fondamentaux et vivre dignement.

Les Amis de la Terre s'engagent pour les alternatives
Nous lançons cet appel à projet afin de montrer qu'il est possible de vivre bien en consommant moins. Nous souhaitons soutenir des initiatives locales en France ayant un impact positif sur les ressources naturelles dans les pays du Sud.
Ces projets devront permettre de sensibiliser les citoyens sur le lien entre la surconsommation et le gaspillage dans les pays du Nord d'un côté et pillage des ressources dans les pays du Sud de l'autre.

Et vous, quels sont vos projets pour un monde soutenable ?
Télécharger l’appel à projet complet : sur le site www.amisdelaterre.org/appelprojet
 
Plus d’informations : Aurélie Schild  mail : aurelie.schild@amisdelaterre.org

Envoi des candidatures avant le 15 février 2013.

L'annuaire de la seconde vie des produits. Comment réparer, acheter et vendre d'occasion à Paris et ailleurs

Paris, le 25 octobre 2012 – Vite achetés et vite jetés, telle est la vie de nos objets… dont la durée de vie ne cesse de se réduire ! En cause, la mode du jetable, l’obsolescence programmée mais aussi, le manque d’informations sur la réparation et les bonnes adresses.

C’est pour répondre à ce besoin et donner une seconde vie aux produits que les Amis de la Terre lancent sur le site www.produitspourlavie.org un répertoire d’adresses pour emprunter, réparer, donner, prêter ou vendre et acheter d’occasion !

Une radio qui ne marche plus, un ordinateur un peu lent ? Parfois, il est plus facile de délaisser un produit et de le jeter plutôt que de lui offrir une seconde vie. Car l’objet qui est devenu « encombrant » pour les uns, peut sûrement encore servir à d’autres ou être transformé. Véritables alternatives pour retarder la mise au rebut, la réparation et le réemploi sont légalement les premières options à privilégier dans la gestion des déchets, mais elles sont encore méconnues.

Or, des milliers de réparateurs indépendants, d’artisans et de commerçants spécialisés sont à deux pas de chez nous et proposent leurs services pour réparer ou adapter vos équipements, vos produits. Ainsi, en prolongeant la durée de vie ou en favorisant une seconde vie des produits, il est possible de faire des économies par rapport au rachat d’un produit neuf tout en préservant l’environnement et les emplois de proximité.

Donner une seconde vie à ses produits est aussi un geste solidaire. Des structures se sont en effet spécialisées dans la remise en état des objets pour lutter au quotidien contre l'exclusion. Le mouvement Emmaüs, le réseau Envie et depuis plus récemment le réseau des Ressourceries offrent ainsi une activité à des milliers de personnes qui collectent, réparent ou vendent les objets.

Claude Bascompte, président des Amis de la Terre Paris : "Nous espérons que cet outil satisfera toutes celles et ceux qui veulent faire réparer leur ordinateur et tout autre produit de la vie quotidienne ou qui préfèrent acheter d'occasion que neuf mais qui ignorent les adresses utiles près de chez eux".

Ce guide qui recense 1 000 adresses sur Paris aidera le consomm'acteur à identifier les bonnes adresses près de chez lui mais aussi à partager ses bons plans en ligne sur tout le territoire.

Pour découvrir les adresses utiles dont certaines sont insolites: www.produitspourlavie.org/guide.php


Vidéo: Deuxième vie, revendez ou donnez votre ancien téléphone

Vous souhaitez vous aussi vous impliquer : Reemploi75@amisdelaterre.org

Contact presse
Caroline Prak - 01 48 51 18 96 / 06 86 41 53 43 caroline.prak@amisdelaterre.org


La sortie de l'iPhone 5 relance le débat sur l'obsolescence programmée

 Iphone5: chronique d'une mort programmée

Le lancement de l'iPhone 5, moins d'un an après le modèle 4S, soulève la question de la durée de vie de nos appareils électroniques. Le dernier smartphone Apple requiert par exemple un nouveau chargeur de batterie. Pourquoi ? se demande l'association des Amis de la Terre, qui dénonce la course à l'innovation que se livrent les fabricants Apple, Samsung, Nokia...

 

Pour jouir pleinement de votre nouvel iPhone 5, tout en profitant de tous les appareils formatés Apple chèrement acquis ces dernières années, il faudra vous fendre de l’achat d’un adaptateur, puisque la firme à la pomme a jugé bon de modifier la connectique de cet appareil culte. Votre nouveau chargeur sera donc différent de votre chargeur d’iPad ou d’iPod.

Drôle d’idée, selon l’association de protection de l’environnement les Amis de la Terre, qui s’insurge contre cette « nouvelle donne », qui va rendre obsolètes les chargeurs des « 183 millions d’iPhone, 73 millions d’iPad et 275 millions d’iPod vendus dans le monde ». Un véritable scandale écologique commis par une société qui vaut 624 milliards de dollars en bourse. « Les ressources naturelles s’épuisent et Apple, la plus grande capitalisation boursière de l’histoire des Etats-Unis, se permet une nouvelle fois de les gaspiller pour vendre plus et rendre le consommateur toujours plus dépendant », peut-on lire dans une tribune parue sur le site des Amis de la Terre.

« Apple maîtrise la durée de vie de ses produits »

L’association s’en prend à « l’obsolescence programmée », érigée en système par la firme californienne, comme le prouvent les lancements annuels de nouveaux produits, et le fait que certains de leurs composants ont une durée de vie plus que limitée et qu’ils sont irremplaçables. C’est la marque de fabrique Apple, un univers tout à fait hermétique où le garagiste du coin ne pourra jamais vous dépanner si une pièce vient à défaillir. Ces atteintes à la liberté (et au porte-monnaie) du consommateur ont déjà été maintes fois critiquées, comme le rappelle l’association les Amis de la Terre : « Malgré une action en justice aux Etats-Unis, Apple innove régulièrement pour maîtriser la durée de vie ses produits : impossibilité de mettre à jour le système d’exploitation pour les modèles les plus anciens, pièces détachées qui changent à chaque génération. »

L’association de protection de l’environnement pointe du doigt les conséquences de l’acharnement du secteur des nouvelles technologies sur les populations et les territoires qui servent la fabrication ou fabriquent ces gadgets, comme l’Afrique ou la Chine. Pour extraire certains métaux comme le scandium 21Sc ou l’yttrium, des terres rares sont exploitées, produisant des quantités astronomiques de déchets et polluent durablement les terrains. Enfin et surtout, Camille Lecomte, chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables, se demande « combien de ces objets tant désirés aujourd’hui finiront dans les 18 mois dans un tiroir comme 37% de nos portables, voire pire, dans nos poubelles ? »

Une loi pour étendre les garanties de 2 à 10 ans

L’association demande une initiative politique pour « mettre un terme à l’aberration environnementale et sociale que constitue l’obsolescence programmée », et propose l’adoption d’une loi pour « allonger la durée de garantie de 2 à 10 ans sur les biens de consommation », mais aussi « imposer aux producteurs de mettre sur les marchés des produits réparables, et de garantir la mise à disposition des pièces détachées pour faciliter la réparation ». Des exigences plus que légitimes au bout du compte, mais encore faut-il faire plier la seule société au monde capable de doper le PIB américain d’un demi point rien qu’avec le lancement de son nouvel iPhone 5.

 

Un article de Marine Deffrennes, à lire sur : http://www.terrafemina.com/culture/culture-web/articles/17372-iphone-5--chronique-dune-mort-programmee.html

Hamon veut "lutter contre l'obsolescence programmée" dans le numérique

Le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon, souhaite "mettre en garde" et "lutter contre l'obsolescence programmée dans le domaine du numérique", a-t-il dit dans une interview à 60 millions de consommateurs publiée mercredi sur le site du magazine. "L'obsolescence des appareils est quasiment pensée au départ par les opérateurs pour favoriser le renouvellement. Or acheter un appareil qui est destiné à être totalement démodé un an plus tard pose d'autant plus question lorsque le constructeur a lui-même organisé cette obsolescence. Cela constitue un sujet de travail et de préoccupation", a indiqué Benoît Hamon.

Il a précisé travailler avec Fleur Pellerin, ministre déléguée à l'Économie numérique, sur le "modèle économique" du numérique, "car un renouvellement excessif des terminaux mobiles pose des questions environnementales et pèse sur notre balance commerciale". "Je mettrai en garde et essaierai de lutter contre cette obsolescence programmée dans le domaine du numérique. C'est un sujet sur lequel j'interrogerai le Conseil national de la consommation (CNC)", a-t-il ajouté.

L'obsolescence programmée des appareils électroniques est régulièrement dénoncée par les organisations écologistes. Mercredi, l'ONG Les Amis de la terre a pointé du doigt "l'obsolescence programmée en série" des smartphones d'Apple, avant la présentation de la nouvelle version de son iPhone, et mis en avant "le coût écologique et social" du renouvellement rapide et voulu de ses modèles.

 

Un article publié sur lepoint.fr, à lire: http://www.lepoint.fr/high-tech-internet/hamon-veut-lutter-contre-l-obsolescence-programmee-dans-le-numerique-12-09-2012-1505579_47.php

Obsolescence programmée - Un sujet européen

Septembre, 2012. La presse espagnole se préoccupe également d'obsolescence programmée et publie dans la revue en ligne ABC une interview de Benito Muros, inventeur de l'ampoule "qui dure toute une vie".

L'inventeur y expose ses motivations, qui sont de relocaliser l'industrie manufacturière en Europe, de payer les matières premières à un prix juste aux pays du Sud, et de produire moins de DEEE.

Il explique aussi comment les fabricants réduisent la durée de vie des appareils électroniques, par exemple en introduisant des semi-conducteurs comme le germanium, le sélenium ou le silicium, qui ont pour effet de provoquer l'activation du point de fusion au contact avec la chaleur et donc la détérioration rapide de l'appareil dès sa première utilisation.

Lire l'article complet

Voir la vidéo : Prêt à jeter

 

REDuSE : un site d'information pour réduire sa consommation de ressources naturelle

Alors que plus des trois quarts des ressources mondiales sont consommés part moins d'un quart de la population mondiale, les Amis de la Terre s’associent au lancement du site européen REDuSE – www.reduse.org/fr. Ce site internet a pour but d'informer et de donner des pistes d’actions au quotidien, pour réduire la consommation de ressources naturelles.


Les Européens font partie des principaux consommateurs de ressources au monde. En effet, derrière chaque produit importé qui est consommé, nous consommons aussi l'eau incorporée dans ce produit ou la surface de terres que sa production a nécessité. Pour mettre en évidence ces consommations cachées, REDuSE s'appuie sur des indicateurs développés par un centre de recherche, le Sustainable Europe Research Institute [1], un travail de terrain au Chili, Brésil, Cameroun et Togo et des produits de grande consommation.


Le blog http://www.reduse.org/fr/blog associé au site permet à l’internaute de prendre conscience de la consommation globale des ressources et de la pression exercée sur des ressources telles que l’aluminium, le coton ou le lithium. En effet, le lithium est un métal peu connu mais qui est déjà considéré par les industriels comme le nouvel or blanc. La blancheur du lithium rappelle en effet le sel et son processus d'extraction est en quelques points semblable : de bassin en bassin le lithium décante lentement. Mais cette longue décantation se déroule, pour 35 % de la production mondiale, en plein désert d'Atacama au Chili qui est un des déserts les plus arides au monde. Alors qu'elle est très rare dans cette région, la ressource en eau est massivement utilisée pour extraire le minerai présent dans toutes nos batteries de téléphones, d'ordinateurs portables et de nos futures voitures électriques.

Camille Lecomte, chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables explique : « De nombreux produits de grandes consommation sont aussi passés au crible. Par exemple, un simple tee-shirt nécessite plus de 2 700 litres d'eau et une tasse de café 140 litres. Nous devons prendre conscience des impacts de nos consommations et agir en les réduisant ! Relocaliser et réduire nos consommations doivent permettre plus d'équité dans le partage des ressources. »

Pour plus d'information  : www.reduse.org/fr

[1] Les Amis de la Terre et SERI ont collaboré à de nombreuses reprises, notamment via la publications récentes sur la surconsommation globale en Europe et celle associée aux terres et à la ressources en eau. Plus d’informations ici : http://www.amisdelaterre.org/surconsommation

Lutte contre l'obsolescence programmée, nouvelle initiative en Espagne

Les consommateurs européens prennent peu à peu conscience des travers de la société de consommation, avec ces produits qui finissent toujours par casser trop tôt, avant même que le consommateur ait fini de les payer ou à peine dépassé le délai de garantie.

 


 

Né en Espagne il y a tout juste un an, le blog libredeobsolescenciaprogramada.com , prononcez « libre d’obsolescence programmée » en français, vient s’ajouter à la liste des initiatives dénonçant les entreprises qui mettent sur le marché des produits à la durée de vie prédéterminée, obligeant les consommateurs à racheter les mêmes produits régulièrement, au détriment de leur porte-monnaie et de la planète.

Ce blog mis à jour régulièrement recense déjà de nombreux cas de produits à la durée de vie trop courte comme les PS3 ou Xbox 360 et renvoie sur des ressources documentaires sur le sujet, articles de presse ou films documentaires. Au delà de la dénonciation, il a aussi l’ambition de repérer les produits qui, au contraire, fonctionnent mieux et plus longtemps. Une initiative bienvenue en Espagne où le magazine de consommateurs Compra Maestra dénonçait récemment le scandale des appareils électriques et électroniques qui sont jetés mais jamais recyclés.

 

Par Marie-France Corre

Lien vers l’article de l’association de consommateurs Organización de Consumidores y Usuarios

 http://www.ocu.org/consumo-familia/nc/nota-prensa/fabricantes-y-ayuntamientos-no-garantizan-el-reciclaje-aunque-cobran-por-ello552924

 

Lien vers le blog espagnol sur l’obsolescence programmée

http://libredeobsolescenciaprogramada.com


En Alsace, l'épopée d'une commune vers le zéro déchet

Un article de Noémie Rousseau, publié sur le site Médiapart.

Le maire de la petite commune de Manspach, Dany Dietmann, brandit les chiffres qui font la fierté des habitants du coin : «Ici, on ne produit que 78 kg d’ordures ménagères résiduelles par an et par habitant», ce sont les déchets non recyclés qui partent à l’incinérateur. En moyenne, un Français en produit 316 kg. La loi Grenelle 1 prévoit une diminution de 7 % par an et par habitant pour la période 2009-2014. Un objectif pulvérisé par les 33 municipalités de communauté de communes de la Porte d’Alsace, qui ont réduit leurs déchets de 80 %. Ici, 74 % est recyclé contre 33 % au niveau national. Comment ont-ils fait ? «C’est de la volonté politique, du bon sens, une vision sur le long terme et beaucoup de communication avec ses administrés», prévient en préambule le maire écolo, élu en 1983.


Tout commence le 14 septembre 1990, lors du conseil municipal de Manspach. «On nous proposait de participer à la construction de l’incinérateur de Mulhouse. Selon leurs prévisions, nous devions atteindre 550 kg/ an/ habitant de déchets en 2000», se souvient, amusé, Dany Dietmann, le maire. Surtout, le projet se présentait comme une alternative à la décharge de Retzwiller située en bordure de la commune de 530 habitants, et accueillant tous les déchets putrescibles du Haut-Rhin. Quand les élus se plongent dans le projet d’incinérateur, ils s’aperçoivent que transporter et incinérer leurs ordures à Mulhouse «revenait à multiplier par trois le prix du service actuel». Sans compter que 25 % de la masse incinérée reviendrait chez eux, sous forme de mâchefers (résidus d’incinération toxiques), enfouis dans la décharge dont ils veulent justement se débarrasser. Ce jour-là, le conseil vote contre l’incinération et décide de mettre sur pied un système de collecte sélective des ordures ménagères. La presse locale relaie cette «position pour le moins farfelue, sinon utopique», concède le maire.
Le conseil général, porteur du projet d’incinérateur, envoie sur-le-champ un de ses techniciens pour dissuader le maire. Mais l’ancien professeur de biologie s’obstine et finit par rallier à sa cause l’ensemble des communes de la Porte d’Alsace. Un sondage est organisé auprès de la population. «Les habitants voulaient en finir avec la décharge, à cause des nuisances, des odeurs et 82 % se sont dits prêts à nous suivre, à changer de comportement», relate le maire. En janvier 1992, il entreprend son tour des salles des fêtes. Des débats sont organisés partout, les discussions sont parfois animées entre les défenseurs du camion-poubelle et les adeptes de la déchetterie. Pour que les personnes à mobilité réduite puissent trier, la solution du ramassage en porte-à-porte est retenue.

Deux ans plus tard, tout le monde tombe d’accord sur un point : «Le plus ennuyeux dans les déchets, c’est qu’ils sont sales.» Alors, cette année-là, chacun reçoit un composteur. L’effet est immédiat. Non seulement, «le gisement était plus propre» mais en plus la masse des ordures tombe à 200 kg/ an/ habitant une fois les biodéchets retirés, contre 375 kg en 1990. Petit à petit, l’odeur nauséabonde de la décharge n’est plus qu’un lointain souvenir. D’autant que la législation change : ne peuvent être désormais enfouis que les déchets inertes, non dangereux. Les ordures ménagères sont redirigées vers les incinérateurs.

 « Une crise sociale à cause des déchets »

Pour faire entrer le tri sélectif dans les mœurs, des actions d’initiation et de sensibilisation sont mises en place dans les écoles, des calendriers avec des codes couleur pour les jours de ramassage sont distribués à tous les foyers. A l’époque, seuls le verre, les papiers et le métal sont valorisés. Qu’importe, l’élu, décidément visionnaire, se met à stocker le plastique «en attendant que la technologie pour le recycler soit développée». Les camions tournent, les habitants trient, le maire est heureux. Tout semble aller pour le mieux… jusqu'aux premières frictions.


Le ton grave, le maire explique : «En 1997, les gens frappent à la porte de la mairie avec des pétitions, se plaignant : “Moi je fais mon travail, le lundi je sors le papier, le mardi le carton, etc., mais mon voisin s’en fout. Soit c’est lui qui ne paye pas assez, soit c’est moi qui paye trop."» La traditionnelle taxation forfaitaire, le même prix pour tous, bons comme mauvais trieurs, vivait ses derniers instants. «Les élections approchaient et tout le monde était à feu et à sang. Alors on a demandé aux éboueurs d’identifier les mauvais trieurs, et on les a invités à la communauté de communes avec du kougelhof et du gewurtz.» Les élus découvrent que la plupart sont des nouveaux arrivants, qui ignorent tout de la collecte. Un système de suivi est aussitôt mis en place. Encore aujourd’hui, au moindre décrochage, une équipe intervient dans le quartier pour une action de sensibilisation le samedi matin, avec gâteaux et boissons. «La convivialité plutôt que la culpabilisation», c’est le credo de Dany Dietmann.
 
Mais il est aussi des citoyens qui, après une journée de travail fatigante, disent préférer remplir des chèques plutôt que des bacs. Au sortir de la réunion avec les mauvais trieurs, un consensus est trouvé : «On paye en fonction de ses performances.» Le 1er janvier 1999, la pesée embarquée est lancée. Dans la salle du conseil de la petite mairie, Dany Dietmann s’empare d’une poubelle, la retourne pour montrer une petite puce électronique dissimulée sous la poignée et un code-barres qui contiennent l’adresse et le nom du propriétaire. Lors du ramassage des ordures, les bacs des 6 000 foyers sont automatiquement pesés par le camion-poubelle, et les données enregistrées. Ici, on ne paye que pour ce qu’on jette, alors qu’ailleurs, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères est calculée sur la valeur du logement et réclamée en même temps que la taxe foncière. «Plutôt qu’une taxation démotivante, on est passé à la redevance incitative, résume Dany Dietmann. Pour l’eau et l’électricité, on paye sa consommation, pourquoi pas pour les déchets ?» La loi Grenelle 2 stipule que tout système de financement du service des déchets devra inclure une part incitative d’ici 2015.


Et si, pour alléger sa facture, un habitant dépose ses ordures dans la poubelle du voisin ? «Impossible», répond l’homme. La communauté de communes avait envisagé de cadenasser les bacs. L’idée a été abandonnée sauf pour les quelques immeubles existants. «L’arrêt du camion est facturé 80 centimes. Alors les habitants ne sortent leur poubelle que lorsqu’elle est pleine à ras bord. Du coup, le voisin n’a pas la place d’y mettre son sac.» Le camion s’arrête moins et fait désormais neuf villages avant d’aller vider. La consommation de carburant a été réduite par deux. Et on aura beau sillonner les petites routes du territoire, scruter les fossés, on n’apercevra aucun sac-poubelle abandonné par un habitant désireux de payer moins.

Les usagers trient trop, les finances de la commune sont dans le rouge

Sur le territoire de la Porte d’Alsace, les citoyens comprennent petit à petit que le poids de leur poubelle dépend de leur façon d’acheter. La notion de «acheter mieux» fait son chemin. Le supermarché de Dannemarie, commune voisine de Manspach, crée une «plateforme de déballage», une installation rendue obligatoire depuis le 1er juillet 2011 par la loi Grenelle 2. On s’attend à un dispositif nécessitant une logistique complexe, ce qui aurait pu expliquer pourquoi les supermarchés et hypermarchés se sont fait épingler pour n’avoir pas joué le jeu… mais non. Deux caisses sont disposées avant la sortie, l’une pour les cartons, l’autre pour les plastiques. Dany Dietmann rit. «En fait, c’est trop simple.»

Aujourd’hui, les gestes sont acquis par la population. Ils l’ont été tellement vite que la collectivité s’est retrouvée dépassée. «Les élus avaient construit le budget sur une estimation de 100 kg ramassés par habitant. Dès la première année, les usagers ont eu de bien meilleurs résultats en tombant à 80 kg ! Le prix de la levée et du kilo n’a pas suffi à couvrir l'ensemble des frais du service. Nous nous sommes retrouvés avec un déficit monstre et on ne pouvait pas dire aux gens : "Vous triez trop, on vous fait payer plus"», explique Audrey Baehler, ambassadrice du tri à la communauté de communes de la Porte d’Alsace. Pour y remédier, une part fixe (50 € annuels par foyer) est introduite en plus de la part variable. En moyenne, la facture annuelle s’élève à 56 € par habitant, tout compris. La collectivité a mis sept ans pour rééquilibrer son budget.
La collecte, le transport, le traitement des déchets et la maintenance sont sous-traités. En 2011, la CC a déboursé en tout 991 000 €. A titre de comparaison, l’incinération seule de tous les déchets leur coûterait 750 000 €, une somme qui pourrait doubler avec les frais liés à la collecte et au transport. De plus, grâce au tri, la collectivité peut compter sur des recettes : 200 000 €, tirés de la revente des matériaux triés. Le plastique recyclé est même revenu à Manspach, sous forme de tuiles pour l’église du village. Elles sont aussi photovoltaïques. En 2011, la nef a produit 37 000 kwh et rapporté 22 000 € à la commune.
Dany Dietmann surveille tous les jours le cours du plastique, de l’aluminium, du verre. «Les bouteilles se revendent entre 400 et 500 € la tonne, l’aluminium 900 €, le papier 130 €... Comment qualifier de déchets quelque chose qui vaut autant ?» D’ailleurs, le mot est proscrit dans la commune. On parle de «produits résiduels». Le maire insiste : «le déchet n’existe pas», il est «l’échec de l’éco-gestion», le «symptôme de la décroissance».

Trier moins pour brûler plus

«Dès le début, il y a un grand malentendu de vocabulaire. Dans "déchet", on entend "déchéance", nous sommes sales, nous polluons… Les grandes multinationales ont tout de suite compris comment tirer profit de cette mauvaise conscience, en nous proposant un service pour nous redonner bonne conscience : on paye et on est débarrassés de nos honteuses ordures. Au final, on construit des incinérateurs qui coûtent très cher pour brûler beaucoup d’argent. C’est pas comme ça qu’on va sortir de la crise !» Dany Dietmann en est convaincu, l’ère des «fiscalisés captifs» et de «l'abondance supposée» est révolue, «aujourd’hui les citoyens sont éco-actifs et responsables», la «pénurie avérée».
Tous les déchets verts des communes sont récupérés pour être transformés en engrais.© Noémie Rousseau
Paradoxalement, les efforts de tri ont été tels que l’incinérateur de Mulhouse n’a plus voulu de leurs «produits résiduels». Car débarrassés des plastiques, restes alimentaires et papiers, la valeur calorifique de ces produits est moindre. En clair : ils brûlent moins bien et sont donc moins rentables pour l’incinérateur qui revend de la chaleur. En 2003, la Région demande que les plastiques soient remélangés. «Des camions partaient de la déchetterie en direction de l’usine d’incinération», témoigne Dany Dietmann.


Puis, c’est au tour du conseil général du Haut-Rhin de revenir à la charge. Il décide, avec le Syndicat mixte du territoire 4 (SM 4 auquel appartient la CC de la Porte d’Alsace), de construire une nouvelle usine d’incinération. La France a déjà le plus grand parc d’incinérateurs d’Europe (139 usines). Cette fois, il sera construit à Aspach-le-Haut, à peine à 20 km au nord de Manspach. Vice-président du SM4, Dany Dietmann est hué quand il monte à la tribune pour défendre sa position. Il démissionne de son poste et mobilise sur le terrain.


Les habitants créent des associations pour protester contre ce projet absurde. «Tous les samedis matins, on allait de village en village pour informer la population sur la réalité de l’incinération. Elle ne détruit pas les ordures mais dispersent les substances toxiques dans l’air, l’eau, le sol qui se reconcentrent ensuite dans la chaîne alimentaire.» En 2007, le département abandonne finalement le projet. Les 15 000 habitants de la Porte d’Alsace ont fait reculer l’incinération.


Livres, liseuses, tablettes : quel est le plus « vert » ?

Sous le titre "Livres, liseuses, tablettes : quel est le plus "vert" ? , Mathieu Quiret publie sur le site des Echo, un article qui fait une comparaison entre les livres et les tablettes

Ringard, le papier ? La vague de liseuses numériques et de tablettes qui déferle avant Noël ouvre un nouveau chapitre de la dématérialisation de l'économie. Celle-ci, souvent présentée comme une solution de croissance verte, ne fait pourtant pas de miracle, en tout cas pour l'instant. Lire sur une tablette évite bien sûr la consommation de bois et, indirectement, la déforestation mondiale. En France, le papier d'un livre sur cinq viendrait toujours de la destruction de forêts primaires. La fabrication de la pâte à papier entraîne aussi des déchets polluants, il est vrai moins importants qu'avant. De son côté, la liseuse présente un coût écologique de départ bien plus important, mais qui s'amortit dans la durée.

Les rares études qui ont été réalisées parviennent à des conclusions contradictoires. Le bilan carbone réalisé par le cabinet Carbone 4 pour Hachette Livre montre que le papier ne représente que la moitié de l'impact de l'éditeur. L'étude chiffre le poids équivalent carbone d'un livre moyen à 1,3 kg, en prenant pour hypothèse une durée d'utilisation de 10 ans. La fabrication d'une tablette ou d'un e-book est 100 fois supérieure : les premiers Sony pesaient 235 kg équivalent carbone, Apple avance 168 kg pour l'iPad ,et Amazon évalue son Kindle à 133 kg.

Métaux rares

L'étude de Carbone 4, qui se basait sur un modèle Sony, concluait que la liseuse devenait écologiquement compétitive pour les gros lecteurs, qui achètent plus de 60 livres par an. D'après Hachette, comme le lecteur français assidu se situe à 4,5 ouvrages, la marge est grande. Une étude plus récente du Royal Institute of Technology de Stockholm estime le seuil de basculement à une quarantaine de livres. Un gros lecteur français pourrait donc amortir « climatiquement » son achat en dix ans.

L'affaire est bien sûr plus complexe, puisque les appareils électroniques sont plus fréquemment remplacés. Pour corser le tout, le rapport de force s'équilibre dans des pays à l'énergie très carbonée, comme les Etats-Unis où une étude du groupe Cleantech affirme que le Kindle repasse devant s'il remplace l'achat de plus de 22 livres.

 

Lire l'article complet

 

Un site Internet recense les cas d'obsolescence programmée

Un objet qui tombe en panne quelques temps après la fin de la garantie : cas isolé ou logique industrielle ? Pour répondre à cette question et agir, une communauté d'internaute se propose avec votre aide de recenser ces cas isolés.

Egalement, des informations pour initier une action en justice ou trouver des adresses pour faire réparer ses produits près de chez soi.

http://obsoleszenz.wordpress.com/projekte/communityportal/

A-t-on atteint un « pic des objets » ?

Sous le titre : A-t-on atteint un "pic des objets", Audrey Garic publie sur le blog d'écologie du Monde


Si l'on devait la caractériser en des termes mathématiques, la trajectoire de notre civilisation serait une courbe exponentielle. Tout au long du XXe siècle, la consommation d'énergie et de ressources naturelles — et donc logiquement les émissions de gaz à effet de serre — s'est accrue de concert avec la démographie.

Mais aujourd'hui, serions-nous arrivés à un plateau ? Aurions-nous commencé à réduire notre consommation, ou du moins à la stabiliser ? La parcimonie serait-elle en voie de devenir le nouveau luxe ? C'est ce que pressent une récente étude, qui estime que la Grande-Bretagne, pays à l'origine de la révolution industrielle et l'une des nations les plus riches au monde, aurait atteint un seuil maximum d’objets possédés par chaque habitant, avant de voir cette quantité décliner. C'est le "peak stuff" ("pic des objets"), dans la veine du peak oil (pic pétrolier) ou du peak gas (pic gazier).

Au cours de la dernière décennie, et notamment avant la crise économique, la Grande-Bretagne a ainsi moins consommé, tous secteurs confondus : moins de matériaux de construction (- 4 % entre 2000 et 2007), moins d'eau, de papier (- 18 %), de nourriture (surtout de viande), moins de voitures et de trajets, moins de textiles ou encore d'engrais. La production d'énergie primaire a aussi suivi la même tendance à la baisse (- 3 %). Et le pays a aussi produit moins de déchets. Tout cela, alors que le PIB a continué de progresser, de même que la croissance de la population.

Au total, et alors que le volume de l'économie a triplé, le quantité totale de choses que chaque Britannique utilise chaque année — environ 30 tonnes — aurait retrouvé son niveau de 1989, après un "pic des objets" atteint entre 2001 et 2003, livre le site américain Fastcoexist, déniché par le mensuel Terra Eco.

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Voir l'article complet :  http://ecologie.blog.lemonde.fr/2012/01/18/a-t-on-atteint-un-pic-des-objets/

Audrey Garric

Obsolescence manifestement abusive : à réprimer !

Une analyse de Hadelin de Beer d'Etopia, le centre d'animation et de recherche en écologie politique, sur l'obsolescence, à découvrir !

http://www.etopia.be/IMG/pdf/20111114_ESC_HDB_Obsolence_programmee.pdf

Décryptage du rapport 2010 sur les déchets électriques et électroniques

Décryptage de l'analyse ADEME des déclarations de mises sur le marché, de collecte et de traitement des déchets électriques et électroniques, « Rapport annuel sur la mise en oeuvre de la réglementation sur les déchets électriques et électroniques (DEEE) », septembre 2011, 118 pages.

L'Ademe a récemment publié le cinquième rapport annuel portant sur la filière des équipements électriques et électroniques. Augmentation des ventes, augmentation des taux de  recyclage et stagnation du réemploi pour les déchets électriques et électroniques (DEEE) ménagers… la réduction de la consommation de ressource qui se fait attendre !

Augmentation des ventes
Ralenti par la crise économique en 2009, le nombre d'équipements électriques et électroniques mis sur le marché a augmenté en 2010. Après les lampes, ce sont les ventes d'équipements informatiques et de télécommunications qui ont connu la plus forte croissance. En 2010, 641 millions d'équipements ont été mis sur le marché contre 580 millions en 2009. Si la sortie de crise est une raison à cette augmentation, les prétendues innovations technologiques gonflent aussi ces chiffres avec l'augmentation des ventes de smartphones, tablettes ou écrans plats.

Un taux de collecte en très faible progression
Les taux de collecte sont globalement de 25,6% en 2009 et 26,9% en 2010 moins d'un tiers après 5 ans de mise en place de la filière! Or l'objectif global du Grenelle 2 est de 35% pour 2012. Comment progresser de 8% en deux ans quand la progression tourne autour de 1% par an ? Pourtant, l'objectif était loin d'être ambitieux.

Le réemploi reste marginal, à cause de l’obsolescence programmée
La directive-cadre européenne de 2008 relative aux déchets établit une hiérarchie entre les différentes options de gestion des déchets. La prévention des déchets et le réemploi ont été identifiées comme les premières options à privilégier. Or le rapport de l’ADEME met en avant que seuls 3% des tonnages de DEEE collectés auprès des ménages étaient réemployés.

Mais l’obsolescence programmée de type « commercial », via la mise sur le marché de nouveautés technologiques, freine le secteur du réemploi et de la réparation. En effet, avec la baisse des prix des écrans plats, de nombreux ménages se sont équipés et ont délaissé leurs téléviseurs à tube cathodique. Au vu des quantités collectés, seuls les téléviseurs en bon état ont été conservés par les structures du réemploi comme Emmaüs ; tous les autres qui présentaient un dysfonctionnement même facilement réparables ont été traités comme des déchets.

Le recyclage une possibilité mais pas une solution
Le recyclage progresse. 79% des tonnages traités sont recyclés mais 13% des tonnages continuent d'être détruits c'est à dire éliminés sans valorisation (mise en décharge, incinération sans récupération d'énergie). Le recyclage est devenu le principal but des éco-organismes qui n'ont pas d'objectifs contraignants en ce qui concerne la réparation et le réemploi. Or, ce sont la réparation et le réemploi qui permettent de limiter le plus en amont possible la consommation de matières premières et d'énergie. De plus, sans objectif contraignant en ce qui concerne les ventes de produits neufs, le problème des DEEE ne fera que s'aggraver avec en outre la diversification des matériaux utilisés.

Pour plus d'informations sur le problème des nano-matériaux non encore pris en compte dans les filières de recyclage:

http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Rapport_ATF_Les_ecomateriaux_en_France_Mars09.pdf

Pour lire le Rapport annuel sur la mise en oeuvre de la réglementation sur les déchets électriques et électroniques (DEEE)

http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?cid=96&m=3&id=79580&p1=00&p2=05&ref=17597

 

Rapport : l'obsolescence programmée remet en cause les politiques de prévention des déchets

Paris/Montreuil, le 14 septembre 2010 - Alors que la prévention des déchets
sera au cœur des Assises nationales des déchets les 16 et 17 septembre 2010
(1), Les Amis de la Terre France et le Cniid (Centre national d'information
indépendante sur les déchets) publient aujourd'hui le rapport «
L'obsolescence programmée, symbole de la société du gaspillage. Le cas des
produits électriques et électroniques » (2). Ce rapport montre que les
stratégies mises en place pour réduire la durée de vie des produits
augmentent considérablement le volume des déchets, mais aussi qu'elles
contribuent à l'épuisement des ressources naturelles.

Dans cette étude, rédigée dans le cadre de leurs campagnes respectives «
Prévention des déchets » et « Produits pour la vie », les associations
souhaitent alerter sur les impacts environnementaux et sociaux négatifs
d'une société de consommation fondée sur le renouvellement toujours plus
rapide des produits. A l'aide de recherches bibliographiques et d'interviews
d'universitaires et de journalistes, le rapport dresse ainsi un tableau des
« coulisses » de nos sociétés de surconsommation : épuisement imminent des
ressources naturelles, production massive de déchets et gaspillage de la
matière contenue dans les biens abandonnés en fin de vie.

Comme le souligne Sylvain Angerand, chargé de campagne ressources naturelles
aux Amis de la Terre, « le renouvellement incessant des appareils, notamment
de haute technologie, contribue à l'explosion de la consommation des
ressources naturelles minières et énergétiques. Cette surexploitation
détruit des écosystèmes, déplace des populations, provoque des pollutions
chimiques et engendre des conflits, notamment dans les pays du Sud.  ».

L'étude s'intéresse également à l'évolution du marché des équipements
ménagers : en 2007, la quasi-totalité des ménages français disposait d'un
réfrigérateur, d'un téléviseur et d'un lave-linge. Elle explique aussi les
différentes astuces en place aujourd'hui pour rendre un appareil obsolète
afin qu'il soit rapidement remplacé par un nouveau produit : des produits
indémontables, la sophistication croissante des appareils, l'effet de mode,
etc. La durée de vie moyenne des appareils électroménagers courants serait
aujourd'hui en moyenne de 6 à 8/9 ans alors qu'auparavant elle était de 10 à
12 ans.

Pour mieux comprendre les raisons qui poussent les consommateurs à remplacer
les produits tombés en panne au lieu de les réparer, l'étude intègre
également les réponses de distributeurs français à un questionnaire des Amis
de la Terre et du Cniid visant à mesurer les efforts de ces professionnels
pour allonger la durée de vie des produits notamment grâce à l'entretien et
la réparation (3). Les Amis de la Terre et le Cniid regrettent que le
bénéfice environnemental et social de l'allongement de la durée de vie ne
soit pas encore un enjeu prioritaire mis en valeur par les services
après-vente auprès des consommateurs.

Aujourd'hui, l'urgence n'est plus de devenir un des leaders européens dans
la gestion des déchets d'équipements électriques et électroniques, mais de
les éviter. La France doit évoluer au plus vite vers une référence en
matière de production et de consommation plus soutenables qui passe par des
biens de grande qualité et chaque acteur de la société doit y contribuer à
son niveau » explique Sébastien Lapeyre, directeur du Cniid.  

Le dernier chapitre de l'étude formule ainsi des recommandations à
destination des consommateurs et des demandes destinées aux entreprises et
pouvoirs publics.

Notes :

(1)    A l'occasion des 11èmes Assises nationales de la Prévention et
Gestion Territoriale des déchets, le rapport sera présenté par Anne
Bringault, directrice des Amis de la Terre France, dans le cadre de
l'atelier 13 « Réemploi et TIC (Technologies de l'Information et de la
Communication) » le 17 septembre à 11h

(2)    Le rapport est téléchargeable ici :

http://amisdelaterre.org/L-obsolescence-programmee-symbole.html


(3)    Le courrier adressé aux distributeurs ainsi que les réponses
intégrales de ces derniers sont disponibles ici : http://www.amisdelaterre.org/Nouveau-rapport-L-obsolescence.html

Les Amis de la Terre organisent une journée d'actions nationale le 25
septembre avec des mobilisations dans plus de 20 villes en France autour de
la problématique de la surconsommation des ressources naturelles et des
alternatives pour des sociétés soutenables.

Contacts :

Caroline Prak, chargée de communication, Les Amis de la Terre France au 06
86 41 53 43.

Sébastien Lapeyre, directeur du Cniid au 01 55 78 28 65.

L'iPad : assez de gadgets nuisibles !

Alors qu’Apple vient de se classer à la 1e place des entreprises technologiques, doublant en capitalisation boursière Microsoft et IBM, son dernier gadget, l’iPad arrive en France. Tablette numérique à mi-chemin entre téléphone mobile et ordinateur portable, l’iPad, outre une utilité discutable, n'a rien d'inoffensif. Il résume en effet à lui seul l'effroyable gaspillage en cours de matières premières [1], et notamment de « terres rares », un ensemble d’éléments métalliques nécessaires à nombres d’applications informatiques.

La course à la miniaturisation, à l'élaboration de processeurs toujours plus performants, d'écrans toujours plus minces, a entraîné l'industrie des nouvelles technologies dans une dépendance croissante et colossale aux terres rares. Ce groupe d’éléments métalliques est devenu indispensable à la fabrication d'ordinateurs, de téléphones portables, d'écrans plats, et maintenant de l'iPad, qui est un condensé de ces technologies.

Or plus de 95 % de la production mondiale de ces éléments est extraite des mines chinoises, dans des conditions environnementales et sociales désastreuses. En effet, les terres rares ne se présentent jamais à l'état pur ni en gisements très concentrés : elles doivent être séparées d'autres minerais. Une opération lourde d'impacts toxiques comme l'explique Aloys Ligault, chargé de campagne sur la Responsabilité sociale et environnementale aux Amis de la Terre : « Autour des usines chinoises, les déchets radioactifs de roches s'accumulent, les vapeurs de soufre, de fluor imprègnent l'air et les rejets de métaux lourds polluent les rivières. Les populations locales payent un lourd tribut à notre croissance prétendument “verte” et à notre frénésie de nouvelles technologies. »

Une politique responsable consisterait, au grand minimum, à allonger la durée de vie de ces produits et à favoriser le recyclage de leurs composants pour préserver les matières premières, mais c'est exactement l'option inverse qu'a choisi Apple, comme le souligne Annelaure Wittmann, référente sur la campagne déchets des Amis de la Terre : « L’iPad, emblématique de notre société du gaspillage, est programmé pour devenir très rapidement obsolète [2]. La batterie est soudée à l’appareil. Une fois en panne, celui-ci ne sera donc pas réparable. Sa durée de vie sera au final celle de sa batterie, qui pour l'iPhone se révèle être de deux ans. Malgré leur petite taille apparente, ces objets, accumulés, encombreront vite décharges et incinérateurs. »

Le gouvernement français a aussi sa part de responsabilité dans cette fuite en avant. Au lieu de contraindre les industriels à fabriquer des produits robustes et à réduire la demande en minerais rares, il n'aborde ces problèmes que sous l'angle de la sécurisation de l'accès aux ressources face à, notamment, une Chine qui est en train de modifier ses rapports de force avec les pays développés. Pour Claude Bascompte, président des Amis de la Terre, « l'annonce de Jean-Louis Borloo de vouloir créer un pôle minier autour d’Areva est tout simplement scandaleuse et court-termiste. Il faut cesser de surexploiter les ressources naturelles, et réutiliser celles que nous avons déjà retirées du sol. »

Notes

[1] Voir le rapport des Amis de la Terre Europe, « Overconsumption », 2009. http://www.foeeurope.org/publications/2009/Overconsumption_Sep09.pdf

[2] Les Amis de la Terre mènent une étude sur le phénomène d’obsolescence programmée des produits électriques et électroniques, publiée courant de l’été.



Les coopératives d'habitants : mutualiser pour moins jeter !

Le Village Vertical à Villeurbanne est une des premières coopératives d'habitants à voir le jour en France. Une coopérative d'habitants est une « association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire des aspirations et des besoins économiques, sociaux et culturels par le moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement ». Les coopératives d'habitants sont des habitats groupés où l'on partage plus que sa cage d'escalier et ses poubelles.

Ainsi les habitants de Village Vertical ont se sont concertés sur comment ils allaient vivre dans leurs futurs immeubles écologiques et débattre de leur projet de vie.

La mutualisation (des biens) induite par les coopératives d'habitants permet de limiter l' impact sur les ressources et la planète (en jetant moins et en ajustant ses achats à ses besoins). Mais les coopératives sont plus que de la prévention de déchets, ce sont également des embryons de sociétés soutenables.


La mutualisation de nos consommations de ressources naturelles

Les habitants vont mutualiser une partie de leurs biens, partageant ainsi les frais d'achat, et bénéficiant de plus de biens pour un service équivalent. Cela nécessite certes un minimum d'organisation (remplir un calendrier) mais cela permet surtout de développer le sens du partage tout en allongeant la durée de vie (et l'usage) de vos produits ainsi que de partager le cout de nos modes de vie sur les ressources naturelles.


Les futurs habitants de Village Vertical sont en train de réfléchir sur les biens qu'ils vont mutualiser (pour l'instant les idées s'orientent vers les outils, les chaises et tables, la médiathèque décentralisée, les équipements pour les vacances), mais également les services (garde d'enfants, échange de service : coups de mains pour le bricolage; jardinage en commun...). Il est également question de créer des espaces communs (comme la buanderie et son lave-linge, ou encore les chambres d'amis, qui pourront également servir de chambres d'hôtes etc.).


Des espaces de vie soutenables :

Les futurs habitants de l'immeuble écologique ont été impliqués dans le processus de décision pour savoir ce qu'ils voulaient faire de leur habitat : Village Vertical est un véritable embryon de société soutenable :

Ce projet et les coopératives d'habitants se rapprochent des initiatives de démocratie participative de Porto Allegre, notamment sur l'implication des habitants dans la décision sur le budget de la ville, ou encore les expériences de jardins partagés dans les centres urbains (des associations qui mettent à disposition des lopins de terre aux habitants des villes pour les mettre en contact avec la terre dans le cadre d'un projet collectif).

Ces initiatives s'ancrent dans des demandes plus générales de re-localisation, de plus de solidarité, de retisser le lien social, de création d'espaces communs, de démocratie participative...d'une société plus soutenable.



Pour en savoir plus sur le projet :

www.village-vertical.org/
http://www.novethic.fr/novethic/planete/environnement/immobilier/le_village_vertical_habiter_ecologique_et_solidaire/123042.jsp

Pour en savoir plus sur le mouvement des coopératives d'habitants en France :
www.habicoop.fr

Le tout numérique ou des tonnes de tubes cathodiques aux ordures !

Pourquoi cet article ?

Entre 2009 et 2011 les télévisions françaises passent au numérique.
Il ne faut pas céder au battage publicitaire sur les écrans plats puisque se procurer de petits boîtiers suffit à adapter son poste au numérique. Le changement intégral de la télévision peut être évité, avec les conséquences désastreuses sur l'environnement et les populations.
Si jamais sa télévision est en panne et qu'elle n'est pas réparable par son artisan réparateur, il faut veiller à ce qu'elle soit recyclée en :
- la déposant chez Emmaüs (dont les communautés sont points de collecte pour l'éco-organisme responsable du recyclage des DEEE*1)
- la déposant au point de collecte de sa collectivité (déchetterie ou autre etc.)
- la retournant la au distributeur (par les retours magasin, reprises livraison...)
Dans le cas où l'on ne peut se passer de la douce compagnie de son poste de télévision, il vaut mieux investir dans les postes les moins gourmands en énergie et les plus robustes.

Petit rappel : les télévisions sont loin d'être des déchets inoffensifs...

Les télévisions sont composées, en partie, de métaux lourds (plomb, cadmium...) qui impactent sur la santé des personnes qui les fabriquent. Une fois jetées elles deviennent des déchets très toxiques, qui mal traités se retrouvent dans notre environnement et nous empoisonnent (risque de saturnisme, d'effets sur la fécondité) .


Retenir les leçons des expériences anglo - saxonnes :

Les expériences américaine et anglaise ont montré que le passage à la télévision numérique a provoqué un grand renouvellement des télévisions alors que la plupart d'entre elles marchaient encore.
Ainsi au Royaume-Uni le passage à la télévision numérique a entrainé une hausse de 70% de ces déchets, dont la moitié aurait pu être évitée par l'achat d'un simple décodeur.
Le marché des télé français est relativement saturé puisque plus de 95% des foyers français sont déjà équipés. Pour le stimuler les constructeurs usent de l'innovation ou plutôt de l'obsolescence technologique avec la sortie d'écrans toujours plus plats (...).
En 2008 le parc de télévision était constitué au 3/4 de télévision à tubes cathodiques ("les anciens postes"), le passage à la télévision numérique risque d'augmenter le phénomène de renouvellement des télévisions et de rendre obsolètes les télévisions à tube cathodique.
Selon le SIMAVELEC*2 (syndicat des industries de matériels audiovisuels électroniques), en 2013, 6 millions de postes seront à recycler. Ils tablent sur un recyclage effectif à cette période de 70%, soit 54 000 tonnes de télévisions qui se retrouveraient dans la nature.
Le passage au numérique devrait provoquer l'achat de 750 000 téléviseurs rien que sur 2010.*3


Les télé et les "e-déchets" croissent mais pas leur recyclage :

Les "e-déchets", dont font partie les télévisions, sont les déchets de demain. Selon l'ONU 20 - 50 millions de tonnes de e-déchets sont produits chaque année, soit plus de 5% des déchets municipaux solides. Chiffre qui risque de s'accroître par l'équipement progressif des pays émergents comme la Chine et l'Inde.
Ces déchets sont composés de matière toxiques et dangereuses et ont nécessité pour leur fabrication l'extraction de ressources naturelles,pour la plupart, non renouvelables.
L'Europe a pris la mesure du problème avec la directive relative aux DEEE qui fixe des objectifs en matière de recyclage et régule leurs transfert. Des objectifs européens ambitieux sont nécessaires puisque moins de 50% des déchets sont recyclés et beaucoup continuent à alimenter illégalement les économies informelles des pays du sud (qui alors les manipulent dans de mauvaises conditions) ou encombrent nos décharges et parfois directement les rivières.*4


Ce qu'il faut en retenir :

Si l'on jette son poste, une fois sur deux il ne sera pas recyclé et polluera si ce n'est son environnement celui des populations du sud. La fabrication d'un nouveau poste nécessitera de nouvelles ressources, de l'énergie et des produits toxiques qui vont s'accumuler.
L'argument consistant à se déculpabiliser en invoquant que l'achat d'un nouveau poste est "écologique" parce que les écrans plats sont moins énergivores que les tubes cathodiques, est un faux argument car bien souvent ces LCD ou ces écrans plats ont également une durée de vie plus réduite (ne sont pas forcément conçus pour être réparés) et que de nouvelles matières premières pas forcément renouvelables auront été puisées pour leur fabrication (etc.).

Donc pour réduire son impact, être responsable et ne pas céder à la pression marketing, il vaut donc mieux allonger la phase utilisation de nos télé : garder son vieux poste et attendre qu'il meurt d'accord, mais de mort " naturelle ".

*1 : déchets d'équipements électriques et électroniques
*
2 : propos recueillis pour un article du nouvel observateur de 2008 : teleobs.nouvelobs.com/rubriques/tendances/articles/teles-recyclees?page=1
*3 : chiffres extraits du Monde pour Directematinplus, du mardi 13 avril n° 657, " La télé fait sa révolution ".

*4 : Données extraites d'un rapport de l'ONU de 2009 "Recycling - From E-waste To Resources ": www.unep.org/PDF/PressReleases/E-Waste_publication_screen_FINALVERSION-sml.pdf

Pour se renseigner sur les modalités du passage à la télévision numérique :
www.tousaunumerique.fr/



Un monde "auto-suffisant" en ressources naturelles est il envisageable?

Pouvons nous imiter les lois de la nature dans nos sociétés, dans nos économies et fonctionner tel un écosystème, c'est-à-dire en circuit fermé, équilibré dans lequel les déchets n'existent pas (tout est réutilisé) et la seule source d'énergie est solaire?

Un tel monde est utopique à l'heure actuelle, toutefois nous pouvons essayer d'atteindre cet équilibre.
L'épuisement des ressources naturelles et ses impacts nous poussent à nous interroger sur les alternatives qui s'offrent à nous pour continuer à bien vivre tout en réduisant notre consommation. N'avons nous pas déjà assez puisé dans les ressources pour être "auto-suffisant" et alimenter nos sociétés avec le même stock de "ressources naturelles" pendant moult générations?

L'économie "circulaire" (par opposition à l'actuel "linéaire" dans lequel les ressources s'épuisent et les déchets s'accumulent) y répond en partie et lance le défi aux acteurs économiques (essentiellement aux industriels) d'imiter le fonctionnement des écosystèmes naturels. L'objectif de cette économie est de boucler les cycles de ressources (matérielles et énergétiques). Autrement dit nos processus de production ne doivent plus produire de déchets (de matière comme de flux) mais des sous-produits réutilisés dans d'autres processus de production.

Est-ce que ces principes sont généralisables au fonctionnement de nos sociétés?
Dans "La nuit des Temps" de Barjavel, le monde "englouti" fonctionnait en circuit fermé, c'est à dire qu'il n'y avait aucune perte d'énergie et de matière, par exemple la décomposition des corps servait à nourrir les besoins énergétiques de cette société. Barjavel décrit ainsi un monde qui avait trouvé un équilibre parfait.
Pas si éloignées de ce monde idéal, des initiatives émergent un peu partout dans le monde, attestant de la faisabilité de l'économie circulaire.
Dans une zone industrielle de la ville danoise Kalundborg, une centrale thermique alimente en vapeur d'eau des usines à proximité et les déchets de levure d'une usine servent de fertilisants pour les cultures des fermes locales. Dans de tels systèmes les déchets d'une usine deviennent les ressources d'une autre, ce qui évite la transformation d'un produit en déchets et évite ainsi la consommation d'énergie et de matières premières. Ce genre d'expérience montre les vertus de la mutualisation (les entreprises mettent en commun leur effort sur l'efficacité énergétique) et confirme le vieil adage "l'union fait la force".
A Stokholm, la chaleur dégagée par les voyageurs de la gare centrale est récupérée et sert à alimenter les besoins en chauffage de bureaux situés à proximité du site.
A Levallois, la chaleur des eaux usées1 sera récupérée pour chauffer l'eau de bassin aquatique.
Ces innovations montrent notre capacité à innover vers un fonctionnement en circuit fermé (sans perte d'énergie ni de matière).

Nous avons donc la capacité physique (nous avons extrait suffisamment de ressource naturelle) et mentale (créativité etc.) pour inventer ce monde équilibré et respectueux. Un monde dans lequel nous ne détériorons plus la montagne et n'empoisonnons plus les populations pour extraire du charbon mais dans lequel nous mettons notre créativité et notre capacité d'innovation au service de la recherche d'une harmonie entre l'environnement et les activités humaines.

1 : l'eau que l'on rejette dans les égouts est chargée de calories dont il se dégage de la chaleur. Ainsi ces eaux usées sont à une température à peu près constante, été comme hiver, avoisinant les 13°C.

En savoir plus sur le biomimétisme ("quand la nature inspire la durabilité" ) : www.biomimicry.eu
En savoir plus sur l'expérience de Kalundborg : www.ecoparc.com/ecologie-industrielle/kalundborg.php

A chacun son recyclage : le manifeste de la récupération informelle !

La récupération informelle est menée par des "éboueurs informels" ("Waste Pickers") qui récupèrent " à mains nues" des produits abandonnés dans les déchetteries ou sur la voix publique. Ces "chiffonniers des temps modernes" revendent ensuite leurs trouvailles à des entrepôts spécialisés (qui à leur tour les revendent à des usines de recyclage).

C'est une pratique répandue dans les Pays du Sud où le recyclage et la collecte des déchets ne sont pas forcément bien rodés.

Cette pratique permet d’effectuer 30% du recyclage à Istanbul. Et à Rabat-Salé, au Maroc, les récupérateurs, grossistes et broyeurs récupèrent et recyclent 10% des déchets ménagers de la localité. Ainsi ils récupèrent et revendent le pain, les tissus, les bouteilles d'huile plastique, les restes de repas pour le compost, le verre, les papiers et cartons, le caoutchouc et l'aluminium.

Toutefois ce système comporte quelques limites.
Tout d'abord c'est la pauvreté qui pousse ces personnes à faire les poubelles qui n'ont alors pas les moyens de se protéger face aux risques sanitaires (gants pour éviter les coupures et infections).
Cette récupération est informelle; ce n'est pas un travail reconnu, il n'y donc aucune garantie sociale.
De plus ils sont souvent marginalisés par la municipalité ( qui par exemple leur confisque leur chariot) qui les traite comme des parias.

Les avantages de ce système :
Ce système d’économie informelle est d’abord le développement d’une économie de survie et permet donc de pallier aux défaillances d'États qui ne savent fournir le minimum aux plus démunis. La Banque Mondiale estime qu'au moins 1% de la population urbaine dans les Pays en Développement gagne sa vie par ce biais là.
La récupération informelle permet aussi de réduire le nombre des déchets et leurs impacts sur l'environnement tout en permettant aux services municipaux de faire des économies.

Un dilemme se pose : pouvons-nous encourager un système bénéfique pour l'environnement mais un peu plus risqué pour l'être humain?
La récupération informelle est une forme de tri et contribue à diminuer la quantité de déchets et leur toxicité sur l'environnement. Toutefois elle doit être encadrée pour contrer les dérives sociales et sanitaires.

Cet "encadrement" peut prendre la forme d'aide à la création de micro entreprise de traitement des déchets. Comme au Pérou où los recicladores (les recycleurs) sont incités par « Ciudad saludable »(un projet de social qui œuvre pour une « ville saine ») à créer leur micro-entreprise de traitement des déchets. Ainsi l’accès au crédit leur est facilité, ils bénéficient d’une formation, peuvent acquérir un tricycle de collecte…Ce dispositif en les professionnalisant leur permet d’officialiser voir d'institutionnaliser leur rôle dans le processus de recyclage. Ainsi au Pérou plus de 4 000 familles ont rejoint cette initiative et en 2009 le gouvernement péruvien a adopté une loi en faveur des recycleurs.

Plutôt que de « faire la chasse » à ces récupérateurs qui comblent l'absence de systèmes de tri et de collecte efficaces, il faut améliorer l’efficacité du système informel en encadrant l'existant.
Il est nécessaire de reconnaître le rôle de la récupération informelle dans les pays en développement; d'entreprendre "le virage vert" directement et éviter d'investir dans des options néfastes aussi bien pour l'homme (perte d'emplois) que pour l'environnement (pollutions) que sont l'incinération et le stockage.

La récupération informelle n'est pas propre aux pays du Sud. Dans les pays riches elle se manifeste par la récupération des encombrants par les particuliers ou encore par l’instauration de zone de gratuité (dans laquelle il est possible de récupérer gratuitement des biens). Ce genre d’initiatives sont à encourager car elles permettent de ralentir la consommation de ressources naturelles (par le ralentissement de la fabrication de biens) et sont souvent bien plus qu'un simple échange matériel. Elles sont également des espaces de solidarité et génèrent des liens sociaux.

Derrière le problème des déchets se cache un véritable business

Les constats

1- A l'échelle européenne un réseau s'est constitué pour défendre la raison d'être des professionnels des déchets auprès des instances européennes, cette démarche est elle compatible avec une gestion préventive des déchets efficace ?
Ainsi la FEAD (Fédération Européenne des Activités de la Dé-pollution et de l'environnement), n'évoque même pas dans ses objectifs de diminuer les déchets mais d'améliorer leur traitement. Elle ne conçoit pas de résoudre le problème à sa source car son activité est dépendante des tonnage de déchets traités. Ainsi elle valorise l'intérêt environnemental du recyclage, du compostage et de tous les bienfaits que l'on peut en retirer mais elle omet d'évoquer l'enjeu d’une réduction à la source des déchets. Ce qui objectivement serait bien plus efficace car «mieux vaut prévenir que guérir».

2- Une directive (européenne) a déréglementé les formats d'emballages en 2007. Elle a pour but, officiellement, de favoriser la libre circulation dans le marché intérieur, en supprimant les obstacles potentiels à la compétitivité et en faisant en sorte que l'industrie s'adapte mieux aux besoins des consommateurs. Les alibis invoqués par l'industrie pour défendre et justifier l’intérêt des emballages sont l'hygiène et la santé. Mais cette décision n'incite pas les entreprises à faire des efforts pour réduire les emballages mais plutôt à multiplier les formats individuels qui décuplent la quantité des déchets.

3 -Eco-emballage promeut le recyclage mais pas la diminution de la quantité des emballages : ainsi sur son site l'organisme évoque le tri, fait la promotion d'emballages biodégradables mais n'évoque même pas les enjeux d'une gestion préventive des ordures.

Le contexte

L'Eurostaf a publié une étude dans laquelle elle explique que le marché européen des déchets bénéficie d'un contexte très favorable. Selon elle nous assistons en Europe à une augmentation régulière du volume des déchets et le durcissement de la réglementation garantit la croissance du marché en valeur grâce aux obligations de traitement.

En France dans un contexte de crise économique le marché des déchets semble, lui, fleurir. Le marché des déchets est un des secteurs les plus dynamique et augmente plus rapidement que l'ensemble du marché. En 2005 la situation économique globale a été largement plus défavorable qu'en 2004 alors que les entreprises collectant et traitant les déchets non dangereux ont vu leur chiffre d'affaire augmenter de 4,1% . Plus particulièrement on assiste à un boom du marché des investissements : c'est à dire d'entreprises qui vendent des matériels de collecte, installations de collecte (déchetteries) et des installations de traitement. Entre 2005 et 2007 le chiffre d'affaire de la collecte sélective a augmenté de 11%. Ces chiffres confirment le développement de ce marché des déchets.
De plus la France a fait le choix de l'incinération, présenté à l'époque comme la solution optimale pour faire disparaître les déchets. La logique de rentabilité (alimenter les fours d'incinération avec une quantité de déchets constante pour amortir ces investissements conséquents) prime au détriment de notre santé et nuit à la généralisation du recyclage et de la méthanisation.

Ce que l'on peut en déduire

Les enjeux des entreprises et organismes du domaine doivent être dépassés au profit de l’intérêt général.
Comment sortir de cette logique infernale? Comment concilier intérêts économiques, sociaux et respect de l'environnement?
La réponse s'oriente vers la nécessaire sortie d’une logique de surproduction afin d’opter pour un modèle basé sur une logique d’usage et de service. (voir l'article «Allonger la durée de vie des produits freine-t-il la croissance économique?»).

Le Grenelle a-t-il amélioré le sort des déchets?

Rappel sur les grands principes issus du Grenelle en matière de gestion préventive des déchets
Le grenelle de l'environnement devait lancer de grandes réformes pour lutter contre la surproduction de déchets.
Ainsi il proposait des actions pour réduire la production des déchets ménagers et assimilés par :
- la mise en place d'«une tarification incitative et équitable pour le financement du service public des déchets» afin de proportionner le coût à la quantité de déchets produite.
- le développement de «la responsabilité élargie des producteurs dans la gestion de la fin de vie des produits» afin d'inciter les entreprises qui mettent des produits sur le marché à diminuer les déchets (en quantité et toxicité).
-la mise en place incitative de plans de prévention par les collectivités territoriales
-pénaliser «les produits fortement générateurs de déchets» mis sur le marché en instaurant une TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) sur les produits jetables.

Qu'est ce qui a été mis en place?
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L'augmentation de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) pour l’enfouissement des déchets et à sa création pour l’incinération: cette taxe devait inciter les collectivités à réduire leurs déchets, les financements perçus devant servir à mener des actions de terrain pour inciter les citoyens à diminuer le volume de leur poubelles. Qu'en est il en réalité? Cette disposition et a été modulée . Ainsi cette taxe n'est plus vraiment incitative pour les collectivités.
-La taxe pénalisant les produits fortement générateurs de déchets a été caricaturée en taxe pique nique et finalement cette disposition a été rejetée. Il prévoit également d'élargir la responsabilité élargie des producteurs (REP) mais seulement aux déchets de soins à risques infectieux et les déchets chimiques des ménages et les déchets d'ameublement.

Malgré le fait que les collectivités territoriales auraient tout intérêt à diminuer cette part importante de leur budget, des mesures concrètes et ambitieuses peinent à voir le jour en raison.
Ce manque de volonté politique serait il dû au lobbying des « industriels des déchets »?

(Pour en savoir plus aller sur l'article, de la même rubrique "actualités" : «Derrière le blocage de la résolution du problème des déchets se cache un véritable «business»)

Allonger la durée de vie des produits freine-t-il la croissance économique?

Nous consommons actuellement 50% de ressources de plus qu'il y a trente ans. Cette surconsommation des ressources engendre des impacts environnementaux et sociaux : émissions de GES, disparitions d'espèces, déforestation (avec ses conséquences)... en résumé la planète ne peut supporter cet appétit vorace des hommes vis à vis des ressources naturelles.
Cette surconsommation est inégale et entraîne des inégalités : en effet un européen consomme 36kg de ressources par jour, un américain 90kg alors qu'un africain n'en consomme que 10kg. De plus les pays du sud riches en ressources naturelles ne bénéficient en retour que des effets néfastes (c'est l'exemple du Niger; un des pays les plus pauvres du monde mais riche en pétrole qui souffre des impacts sanitaires de l'extraction pétrolière.)
Il est également important de garder à l'esprit que pour fabriquer un produit ou un service d'autres ressources sont également consommées, qui ne se retrouvent pas dans le produit final (l'exemple de l'énergie utilisée pour extraire le produit, le transporter etc.) : c'est la notion de «sac à dos écologique». En effet le poids du sac à dos écologique d'un produit qui pèse 7 kg serait en réalité de 60kg et seuls 7% de la matière qui a servi à fabriquer un bien se retrouve dans le produit final.
Malgré une optimisation de plus en plus poussée de l'utilisation des ressources dans la fabrication des produits (on consomme de moins en moins de ressources pour fabriquer un produit; c'est l'exemple des portables qui en 1983 pesaient 1kg et qui aujourd'hui pèsent 200g), il n'empêche nous consommons de plus en plus de ressources.

Cet épuisement des ressources est dû à notre mode de consommation et à la durée de vie réduite des produits.
Cette soif de la consommation nous rend elle heureux: est-ce que le confort matériel comble nos vies? Quelle place pour la solidarité, le réconfort humain, le lien social dans nos sociétés?
Cet article n'a pas pour but de vous guider vers le "chemin du bonheur" mais de soulever des questions de fond, de casser les à priori selon lesquels un mode de vie soutenable serait utopiste économiquement et entraînerait un retour à l'âge de pierre.

Est-ce qu'allonger de la durée de vie des produits freinerait la croissance économique ? La durabilité serait elle contraire à la création de richesses? Devons nous faire un choix entre « progrès » et sauvegarde de la planète?
Certains «intégristes de la science» rétorqueront que la question ne se pose même pas puisque le scientifique peut remplacer le rôle régulateur de la nature.
Ainsi l'homme pourrait résoudre ou réduire le risque de changement climatique en enterrant le CO2 dans les aquifères profonds pour faire redescendre la température sur terre.
Le problème de surcharge des décharges? en enterrant ou en envoyant ailleurs (sur la lune !).
Les problèmes du traitement des déchets nucléaires? En les enfouissant.
La déforestation en Amazonie? en replantant.
La disparation du pétrole? En Accélérant le processus de sédimentation des matières organiques.
Et si jamais tout cela ne marche pas : nous pourrons toujours aller habiter sur mars.

Toutes ces solutions ont une même faille : une logique court-termiste, elles ne font que repousser les problèmes aux générations futures mais ne règlent rien.
De plus l'accumulation de richesse (un PIB élevé) ne rime pas forcément avec bonne qualité de vie (selon les critères de développement humain comme l'espérance de vie, les inégaliés, une cohésion sociale forte, la démocratie forte...). A partir d'un certain seuil (entre 10 000 et 20 000 dollars de PIB par habitant en 2004), il n'y a plus de corrélation entre "qualité de vie" et abondance matérielle. C'est à dire qu'un certain minimum de richesse est nécessaire pour assurer les besoins vitaux mais ensuite la recherche du toujous plus ne nous comble pas forcément voir nous mine. Notre mauvaise alimentation, les pollutions de toutes sortes tendent à influer négativement sur notre santé et à faire tomber nos systèmes de sécurité sociale dans une course contre la montre pour guérir nos sociétés pathogènes.1

Il faut repenser notre modèle économique et notamment arrêter de lier richesse et qualité de vie avec production et possession abondante de biens, ce modèle ne peut plus durer. Des alternatives sont possibles.

L'économie de fonctionnalité ou comment développer un modèle économique basé sur le service plutôt que sur la surproduction est une alternative viable.
Une société dans laquelle la durée de vie des produits serait rallongée entraînerait certes une baisse de la production mais engendrerait le développement d'une logique d’usage et de services (de réparation, de service après vente) et générerait un meilleur équilibre entre modernité et respect de l'environnement.
Cela créerait donc des emplois et la proximité induite dans la logique de service amoindrirait les menaces de délocalisation basées sur le moins disant social.
Cela pousserait les entreprises à l'innovation en développant des produits éco-conçus2 tout en restant performantes. De plus dans un contexte d'augmentation du prix des matières premières ces options stratégiques n’en seraient que plus renforcées.
Certaines entreprises ont opté pour cette solution en louant leurs services (photocopieurs, imprimante etc.) et en assurant la résolution des problèmes d'ordres techniques. Ainsi ces entreprises concilient intérêt économique et respect de l'environnement tout en étant pérenne.

Lien vers: Le rapport 2009 des Amis de la terre sur la surconsommation et notre usage des ressources naturelles mondiales: www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Embargoed_Overconsumption_report_15Sept2009.pdf
1 : Propos s'appuyant des idées sur la prospérité sans la croissance, développées par Jean Gadrey : alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2009/05/20/la-prosperite-sans-la-croissance-vivre-mieux-avec-moins-ou-avec-plus/
2
: l'éco-concetion c'est le défi lancé aux entreprises de concevoir des produits et services peu impactants sur l'environnement et dont la durée de vie est un des aspects.

L'obsolescence programmée des biens de consommation

Les biens de consommation ont une durée de vie de plus en plus courte proche des durées de garantie des produits. Cette étrange coïncidence n'est elle pas en lien avec la logique de surconsommation du marché? Cette obsolescence programmée des produits est le reflet d'une société de surconsommation qui passe par une diminution de la durée de vie des produits.
Les fabricants rétorquent que cette diminution de la durée de vie de leur produit n'est pas volontaire mais qu'elle serait plutôt due à l'augmentation de la fréquence d'utilisation.
Toutefois le fait que des machines à laver et des chauffe-eaux non démontables aient été mis sur le marché ajouté aux difficultés pour se procurer des pièces de rechange laissent perplexe quant à la réelle volonté des fabricants de concevoir des produits solides et réparables. Ces constats attestent davantage de la persistance de bon nombre d'entreprises à opter pour une logique de surproduction aux dépens des menaces qui pèsent sur nos ressources naturelles.